Une conversation avec A. H. Almaas (1e partie)
par Andrea Isaacs et Jack Labanauskas (Traduction par Fabien Chabreuil)

Enneagram Monthly : Dans la mesure où votre manière de travailler avec l'Ennéagramme est différente de celle de la plupart des autres enseignants de l'Ennéagramme, pouvez-vous nous en donner une vue d'ensemble ?

A. H. Almaas : Oui, au sein de l'École Ridhwan, l'Ennéagramme n'est qu'une partie d'un enseignement plus large et nous ne l'utilisons qu'à certaines étapes de notre travail. L'Ennéagramme semble être particulièrement efficace à ces moments particuliers. Par exemple, l'Ennéagramme des fixations est utile lors des premières étapes pour conduire les gens à découvrir leur caractère et les tendances de base de leur personnalité et pour les aider à s'orienter et à s'auto-observer. Une bonne carte comme l'Ennéagramme aide à orienter les gens.

EM : À quelle étape l'introduisez-vous ?

AHA : Généralement, nous ne l'introduisons pas au tout début, mais plutôt au bout d'environ trois mois de travail sur nos pratiques de base. Quand les étudiants ont cette orientation, nous présentons les types de l'Ennéagramme.

EM : Quelles sont quelques-unes de ces "pratiques de base" que vous travaillez en premier ?

AHA : À la base, nous faisons du travail spirituel. Nous utilisons des outils psychologiques pour aider au travail spirituel. Aussi au début, nous enseignons aux gens les éléments de base de notre travail, des techniques de méditation, d'attention et d'exploration de soi. Nous les orientons et alors nous commençons à étudier la personnalité, la structure de l'ego, et l'Ennéagramme est un des outils majeurs que nous utilisons pour cela. Il s'agit là de l'Ennéagramme des fixations. Nous passons neuf mois, ou plus, à l'étudier. Nous ne sommes pas seulement intéressés par le fait que les gens connaissent leur type mais nous tenons plus encore à ce qu'ils travaillent réellement sur lui, qu'ils s'interrogent, qu'ils fassent des exercices pour commencer à le voir à l'œuvre dans leur vie et à vivre avec cette prise de conscience. C'est l'une des étapes où nous travaillons avec l'Ennéagramme. Quelques années plus tard, il y a une autre étape pendant laquelle nous travaillons avec l'Ennéagramme, quand ils ont fait beaucoup plus de travail sur eux et qu'ils commencent à entrer en contact et à connaître leur nature essentielle ou spirituelle. À ce moment, après disons cinq ou six ans de travail intensif sur eux, nous nous concentrons sur l'Ennéagramme des passions et des vertus. Les étudiants ont alors assez d'expérience, assez de compréhension d'eux-mêmes pour commencer à voir leurs résistances, leurs impuretés, leurs attachements et les diverses tendances qui les maintiennent dans des orientations superficielles. C'est là que nous considérons que le travail sur les passions et les vertus est très utile. Nous travaillons sur les passions, sur la manière dont elles reflètent et sont liées aux vertus et nous utilisons ce travail comme un processus de purification de la conscience personnelle, comme un moyen de purifier l'âme.

EM : Et vous pensez qu'il faut cinq ans pour que les gens soient prêts à cela ?

AHA : Oui. Nous n'enseignons pas cela avant cinq ou six ans de travail.

EM : Pourquoi cela prend-il autant de temps ?

AHA : Parce que cela représente beaucoup de travail à faire ! La purification n'est pas une petite tâche, ni une tâche facile ! Et la plupart des gens ne la comprennent pas et ne veulent pas la faire.

EM : Nous aurions tout aussi bien pu demander : "Pourquoi si peu de temps ?"

AHA : Exact. La plupart des gens ne sont pas orientés dans cette direction ; travailler réellement à se purifier de l'attachement est une entreprise majeure. Une troisième étape de travail avec l'Ennéagramme est l'enseignement sur les Idées Sacrées. C'est un enseignement de l'Ennéagramme qui est exposé de manière unique dans le cadre de l'Approche Diamant® et c'est le sujet de mon nouveau livre, Facets of Unity. Les Idées sacrées sont particulièrement utiles à cette étape pour aider la transition de l'âme depuis une perspective de conscience individuelle vers une perception plus objective et plus universelle de la réalité. Voilà généralement comment nous utilisons l'Ennéagramme dans ce que nous faisons. Comme vous le voyez, ce n'est pas une partie essentielle de l'Approche Diamant®.

EM : Pour nos lecteurs, afin que la terminologie soit précise, pouvez-vous récapituler en quelques phrases comment est structurée la nature de l'esprit, la nature de l'ego ou la nature de l'âme ? Pouvez-vous décrire quel est l'état d'un être humain normal ? Où sommes-nous et où devrions-nous être ? Et ensuite nous parler de comment y arriver ?

AHA : Nous commençons comme une âme sans forme qui n'a guère de structure ou d'ego. Mais comme nous nous développons et mûrissons au cours de notre enfance, nous vivons des expériences, nous interagissons avec les choses et au cours de ce processus, notre âme développe ce que nous appelons une structure d'ego. Ainsi l'âme devient structurée et organisée d'une façon qui constitue le caractère ou la personnalité. Cela se fait principalement par des sortes d'empreintes mentales de nos expériences et de nos interactions. Il émerge de cela un sens de soi, ou identité, qui est basé sur une image que nous créons de nous-mêmes à partir de nos impressions passées. Cette identité est une sorte de concept de soi, une constellation et une intégration de nombreuses expériences et impressions. Ainsi nous développons une image de nous qui devient une lentille à travers laquelle nous nous regardons et nous regardons nos expériences de l'âme et de la vie en général. Cette image devient un intermédiaire qui structure nos expériences en fonction de notre personnalité, de notre ego. C'est le développement normal de l'âme qui est aussi le développement de l'ego et cela arrive à tout le monde. Nous développons une image qui structure nos expériences et leur donne une saveur particulière. La saveur générale, le caractère général de notre structure peut être compris à l'aide de l'Ennéagramme des Fixations qui décrit la saveur spécifique des neuf types de caractères. Du point de vue du travail spirituel, ce développement, bien qu'il soit naturel et vécu par tous, nous déconnecte de notre nature essentielle ou spirituelle. C'est parce que la nature spirituelle est fondamentalement l'expérience immédiate de nous-mêmes sans la pensée alors que le développement de l'ego aboutit à ce que nous considérons nos expériences au travers de nos pensées et de nos souvenirs. Ainsi, par la nature même du développement de la personnalité, de l'ego, nous devenons séparés de toute nature spirituelle, de ce qui est libre en nous, de la source du véritable accomplissement. À l'âge adulte, nous nous reconnaissons comme une personne avec un caractère, avec une personnalité et si nous examinons cela de plus près, nous pouvons voir que nos expériences de nous-mêmes se font principalement au travers de nos pensées qui sont le résultat de toutes les expériences de notre passé structurées dans le type de l'ego. Aussi le travail consiste-t-il à voir ce filtre, cette image, cette structure de personnalité et à être capable de l'abandonner de façon à avoir une expérience de nous-mêmes plus immédiate, plus directe, sans cet intermédiaire mental. Quand nous faisons l'expérience de cela, nous percevons notre nature spirituelle plus directement comme une "présence". Nous sentons que nous sommes présents, que nous sommes ici, et ainsi peut émerger le sens de la complétude, de l'authenticité, de la réalité et de la vérité. C'est le début du processus spirituel.

EM : Où se positionne le mot essence dans tout cela ?

AHA : J'utilise le mot essence pour parler de la vraie nature de l'âme, notre vraie nature. C'est notre nature spirituelle. C'est l'essence de l'âme parce que si nous allons dans l'âme aussi loin que possible pour trouver quelle est sa nature fondamentale, sa réalité profonde, c'est ce que nous trouvons.

EM : Sommes-nous dans l'essence quand nous sommes connectés aux Idées sacrées ?

AHA : Oui. L'essence et les Idées sacrées sont connectées parce que les Idées Sacrées ne sont pas que des idées mentales. L'essence est la nature de l'âme. Mais le moment venu, vous découvrez que l'essence n'est pas que la nature de l'âme, qu'elle est la nature de toute chose, la nature de toute réalité. Quand vous voyez toute réalité dans son essence, cette réalité a des patterns, des caractéristiques majeures et c'est ce que j'appelle les Idées sacrées. Par exemple, l'Idée du point 8, la Vérité Sacrée, est que, de manière générale, la réalité contient une unité indivisible, une non-dualité totale entre la vraie nature et l'univers. L'Idée sacrée du type 5 de l'Ennéagramme, l'Omniscience sacrée ou la Transparence sacrée, signifie que l'âme individuelle, l'être humain, est par nature inséparable de cette unité. Chacun d'entre nous est une cellule de cette réalité indivisible. Du point de vue conventionnel, celui des fixations, la réalité est composée d'objets discontinus et nous sommes des entités séparées et absolument autonomes ; c'est l'antithèse exacte des Idées sacrées. Ainsi, les Idées sacrées révèlent la structure réelle et objective de la réalité, là où les fixations sont des distorsions de cette structure.

EM : Il y a une belle phrase dans votre livre : "L'Idée sacrée est l'archétype au cœur d'un ensemble d'idées et d'images complexe et chargé d'émotions." Cela exprime bien son lien avec la personnalité.

AHA : Oui, au cœur de la personnalité est l'Idée sacrée. Une des idées essentielles du livre est que la fixation du type de l'ego a en profondeur un noyau psychologique. Ce noyau a un centre et le centre de ce noyau est l'Idée Sacrée qui donne au type ses caractéristiques particulières.

EM : Est-ce que c'est obligatoirement une idée positive ou cette idée peut-elle être négative et destructrice ?

AHA : Les Idées Sacrées sont toutes positives parce que ce sont de pures réalités spirituelles. Mais bien sûr, l'Idée Sacrée est au centre de la personnalité par son absence et son incompréhension. En d'autres mots, au centre de la personnalité est une sorte d'illusion. Cette illusion est liée à la non-reconnaissance ou la non-compréhension de cette Idée Sacrée particulière. Ainsi, oui, le centre de notre fixation est d'une certaine manière négatif ou la manifestation d'une ignorance.

EM : Et cela donne naissance à une illusion particulière ?

AHA : Disons-le ainsi. Quand nous ne comprenons pas une certaine Idée sacrée, quand nous n'en faisons pas l'expérience ou quand nous ne pouvons pas nous y connecter, il nous reste quelque chose qui est son opposé ou son absence, ce qui est une illusion. Cette illusion fonctionne alors comme le centre de notre personnalité et lui donne ses caractéristiques. Ainsi l'illusion est connectée à l'Idée sacrée en ce sens qu'elle reflète l'absence de cette Idée Sacrée.

EM : Avant que vous poursuiviez, j'ai une question à propos de certaines de ces illusions. Puisque l'Idée sacrée du 1 est la Perfection sacrée, quand vous perdez contact avec elle, cela donne naissance à l'illusion de "justesse localisée". Que voulez-vous dire par "localisée" ?

AHA : "Localisée" signifie qui existe en certains endroits et pas en d'autres, à certains moments et pas à d'autres. C'est localisé dans le temps et dans l'espace. Par exemple, l'Idée sacrée du point 9, l'Amour sacré, n'est pas le fait qu'il existe un amour réel mais que l'amour est la nature de la réalité, qu'il est à la base de toute chose en tout endroit. Si vous ne réalisez pas que l'amour est partout présent, vous pensez qu'il existe en certains endroits et pas en d'autres.

EM : Pouvons-nous suivre la progression d'un type perdant le contact avec l'Idée sacrée, ce qui crée une illusion spécifique qui cause une difficulté spécifique et provoque une réaction spécifique ?

AHA : L'illusion est une perspective mentale sur nos expériences qui colore nos diverses expériences. Ainsi quand nous perdons le contact avec notre base, avec notre nature essentielle ou spirituelle, nous faisons l'expérience d'une perte de holding [Note du traducteur : le terme de holding désigne chez le psychologue anglais Donald Woods Winnicott (1896-1971) la période de la vie, la première année environ, où l'enfant ne se perçoit pas comme une entité séparée de sa mère ; le holding désigne la manière dont la mère tient son enfant (physiquement et symboliquement).], d'une perte de soutien et d'aide. Cette expérience constitue la difficulté spécifique. C'est comme si le sol s'effondrait au-dessous de nous. Quelque chose qui nous tenait, qui nous soutenait, qui nous faisait sentir que tout prenait soin de nous, que tout était sûr, a disparu. Chaque type vit cela de manière différente. Ensuite, il y a une réaction à cet événement pour l'éviter, s'en cacher, s'en défendre ou le gérer. Un exemple clair peut être fourni par le point 1. Nous avons un sens de justesse partout, avec toute chose, quand nous faisons l'expérience de l'Idée Sacrée de Perfection. Quand ce sens est perdu, nous perdons le sens intérieur de holding, de holding spirituel, du fait que l'univers nous soutient et prend soin de nous. Nous vivons alors l'illusion qui résulte de cela, l'illusion qu'il y a quelque chose d'injuste quelque part, l'illusion que la justesse et la perfection ne sont pas partout. Cela se manifeste dans notre difficulté spécifique qui est que nous sentons qu'il y a quelque chose d'impropre en nous. L'illusion est l'illusion du correct et de l'incorrect, qu'il existe quelque chose comme le correct et l'incorrect. D'un point de vue spirituel, le correct et l'incorrect ne sont pas un concept absolu, c'est une idée de surface. Ainsi, le correct et l'incorrect sont l'illusion et colorent notre expérience. Quand nous sentons l'absence de holding, l'absence de soin, nous ressentons qu'il y a quelque chose d'incorrect en nous. Et bien sûr, la réaction est d'essayer d'être correct, d'essayer d'être bien, d'essayer d'être bon, ce qui devient le noyau autour duquel le reste de notre personnalité se développe.

EM : Certains de ces points ont un lien avec la relation d'objet et comment elle se développe dans l'enfance. Pour ceux d'entre nous qui n'ont pas de formation en psychologie du développement, pouvez-vous décrire ce qu'est la théorie de la relation d'objet ?

AHA : Nous utilisons la théorie de la relation d'objet dans l'Approche Diamant® au cours de plusieurs de nos formations et pas seulement en relation avec l'Ennéagramme. L'idée est que la personnalité, l'ego, se développe toujours au cours de l'enfance dans le contexte des relations avec les autres. Les relations de l'enfant avec ses parents par exemple sont le creuset dans lequel se forment l'identité de l'enfant et son image de lui-même. C'est l'idée de base. Ces interactions sont intériorisées en tant qu'images dans l'esprit ; elles sont alors appelées relations d'objet. Notre structure interne est toujours basée sur le sens de soi que nous avons en relation avec le sens d'un autre, comme notre mère, notre père ou plus tard n'importe quelle personne de notre vie.

EM : Ou avec l'environnement en entier ?

AHA : Cela peut être cela ou n'importe qui. Cela s'applique à toute chose, mais les parents sont les plus importants.

EM : Une fois que vous vous êtes surpris dans l'illusion, la difficulté ou la réaction, qu'est-ce qui se passe ? Comment confortez-vous ce sens diminué de soi ?

AHA : Vous commencez à travailler avec lui, voyez-vous. D'abord, nous travaillons par l'auto-observation sur le type de l'ego, la fixation, tout ce qu'il y a à comprendre et à savoir à ce sujet. Le système de l'Ennéagramme repose sur la notion qu'il y a fondamentalement neuf types de personnalité. Le type ne se résume pas à la fixation qui n'en est qu'une des manifestations. L'Ennéagramme des Fixations décrit principalement les patterns, les attitudes et les tendances du type quand il est dans l'illusion, comme l'Ennéagramme des Passions décrit son inclination émotionnelle principale. Cependant, d'autres ennéagrammes décrivent le type quand il est hors de l'illusion et de la fixation, comme l'Ennéagramme des Vertus. Cela signifie que le type est autre chose de plus fondamental que la fixation ; la fixation est ce qui arrive quand le type entre dans l'illusion et chute de la grâce dans l'ego. C'est pourquoi quand une personne se libère de la fixation, elle ne change pas de type ; son expérience est alors plus précisément décrite par des ennéagrammes comme ceux des Idées Sacrées ou des Vertus. Il y a des variantes dans les descriptions des types dans leur fixation selon les écoles et les auteurs et cela peut être le résultat de centres d'intérêt différents ou d'inexactitudes. C'est parce que l'Ennéagramme est censé être une carte objective, quelque chose qui a été découvert et non pas créé par quelqu'un. Nous commençons notre travail en reconnaissant et en apprenant les patterns des fixations, les niveaux d'illusion des types. Nous en arrivons à reconnaître ces patterns en nous, à voir comment ils opèrent, comment ils nous touchent, comment ils affectent nos actions et nos vies ; nous apprenons leurs dynamiques et comment ils viennent de notre enfance. C'est beaucoup de travail. À un moment de l'approfondissement de ce travail, nous sommes capables de reconnaître la réaction spécifique, c'est-à-dire comment nous réagissons aux difficultés. Quand nous reconnaissons la réaction spécifique, il devient possible de reconnaître la difficulté spécifique qui est quelque chose que nous avons longuement cherché à éviter. Si c'est une difficulté centrale, nous ne voulons pas la vivre, parce que c'est une vulnérabilité, parce que c'est trop douloureux. L'idée est de la reconnaître et d'en faire l'expérience parce que c'est le début du processus pour s'en libérer. Quand nous reconnaissons la réaction spécifique et la difficulté spécifique, cela fait bien évidemment surgir l'histoire de notre enfance et comment s'est produite la perte de holding. C'est pourquoi dans le livre, la première partie traite du holding. Le travail sur le holding doit venir avant le travail sur les Idées Sacrées. Puis quand nous reconnaissons et faisons l'expérience de la réaction, quand nous reconnaissons expérimentalement la difficulté spécifique, il devient possible de reconnaître l'illusion spécifique. C'est parce que la réaction et la difficulté sont fondées sur une position mentale particulière. En provoquant fondamentalement cette position par l'expérience, en travaillant sur elle, en s'interrogeant sur elle, à un certain moment, nous pouvons commencer à voir premièrement que c'est une illusion, que ce n'est pas vrai et deuxièmement que c'est une perspective que nous avons développée. Quand nous reconnaissons cela, il devient plus facile de se connecter à l'Idée sacrée qui a été perdue. Dans notre travail, nous introduisons l'Idée sacrée directement et nous travaillons avec elle au moyen de pratiques spirituelles. Apprendre des choses à propos de l'Idée sacrée et en faire l'expérience sont réellement le seul moyen de dissiper l'illusion. En d'autres termes, nous croyons en l'illusion jusqu'à ce que nous connaissions l'Idée sacrée.

EM : Et il existe des exercices adaptés à chacune des Idées sacrées ?

AHA : Il y a des exercices généraux pour toutes les Idées sacrées. Et vous pouvez prendre une des Idées et travailler avec elle d'une façon particulière.

EM : Pouvez-vous nous donner un exemple ?

AHA : Par exemple, l'Idée de la Perfection sacrée selon laquelle il y a une justesse dans l'existence en général. Ce n'est pas une chose facile à envisager et en conséquence cela requiert le développement essentiel qui constitue le cœur de notre travail. C'est pourquoi je dis que nous utilisons l'Ennéagramme uniquement comme une partie de notre travail, parce que nous faisons beaucoup de travail pour nous connecter à notre essence, indépendamment de l'Ennéagramme. C'est dans le cours du travail que nous faisons avec l'essence, méditations, chants, visualisation et toutes sortes de choses, que l'expérience de l'essence se développe, s'approfondit et s'élargit jusqu'à ce qu'elle s'insinue dans toutes les expériences que nous avons de notre environnement ; alors, le monde entier est vu dans la perspective de l'essence. Quand cela se commence à se produire, il nous devient possible de reconnaître les Idées Sacrées. Ainsi, c'est un processus et non pas une simple activité. Quand nous reconnaissons l'Idée Sacrée, nous ne pouvons pas la reconnaître du point de vue de l'Ennéagramme ou de quelque chose de similaire, parce que c'est une expérience spirituelle pour laquelle le mental ne sert pas d'intermédiaire. Puis quand la réalisation spirituelle est rapprochée de l'illusion, quand nous les mettons ensemble, le contraste montre comment l'une d'entre elles est une illusion.

EM : Et cela permet à l'illusion de se dissiper ?

AHA : Quand vous reconnaissez l'illusion en tant qu'illusion, il est difficile de s'y accrocher.

EM : De toutes les Idées sacrées, il y en a une que j'ai vraiment eu du mal à comprendre, celle du 4, l'Origine sacrée. Je comprends que c'est le sens de la connexion à la source ou à son Soi supérieur. Pouvez-vous nous en dire plus ?

AHA : L'idée est que tout vient d'une source et que notre nature spirituelle, notre nature essentielle, Dieu, peu importe comment vous l'appelez, est vraiment la source de toute existence, de toute forme, de toute manifestation, y compris l'âme. Elle est la source et l'origine de notre corps, de notre esprit, de toute chose. Quand vous reconnaissez cela, le fait que vous ayez une origine et ce qu'est cette source, quand vous vous y connectez, alors vous faites l'expérience de l'Origine sacrée. Beaucoup de gens pensent que leur source est leur mère et leur père alors qu'en fait leur source est beaucoup plus essentielle que cela.

EM : Toutes les Idées sacrées sont quelque chose que tout le monde a mais chaque individu est plus influencé par l'une d'entre elles.

AHA : Oui, nous avons tendance à être plus sensibles ou plus influencés par l'une d'entre elles. Mais, incontestablement, nous les avons toutes parce qu'elles sont des perspectives différentes sur une même réalité. Comme des points de vue différents pour faire l'expérience de la même chose.

À suivre… le mois prochain.