Une conversation avec Fabien & Patricia Chabreuil (1e partie)
Andrea Isaacs et Jack Labanauskas

Enneagram Monthly : Lors de notre séjour à Paris en avril dernier, nous avons été impressionnés par l'ampleur des sujets abordés au cours des formations à l'Ennéagramme que vous proposez. Pouvez-vous nous en donner les grands axes ?

Patricia Chabreuil : Nous proposons dix modules de formation différents et les stagiaires peuvent ainsi étudier l'Ennéagramme pendant une période qui va de deux jours à deux ans. Nous commençons par un stage de bases d'un week-end pendant lequel ils découvrent leur type et les bases du modèle de l'Ennéagramme : les centres, les passions et fixations, les compulsions…

Fabien Chabreuil : Ensuite, nous considérons que chaque personne a son propre style, son propre rythme et ses propres objectifs d'apprentissage. Il nous semble inefficace d'imposer à chacun de participer aux mêmes stages dans la même séquence. Nous avons donc ensuite huit modules qui peuvent être suivis en tout ou en partie et dans n'importe quel ordre. Pour ceux qui veulent aller jusqu'au bout et être certifiés, il y a un stage de clôture qui parachève, consolide et valide le travail.

EM : Pouvez-vous nous décrire ces stages ?

PC : Ces stages peuvent être répartis en trois grandes catégories. La première approfondit la connaissance du modèle de l'Ennéagramme avec les sous-types instinctifs, la hiérarchie des centres, les variantes Alpha/Mu, les processus d'intégration et de désintégration, l'impact du type sur la perception que nous avons de nos parents, les parallèles avec des systèmes psychologiques comme le DSM, la typologie de Horney, le Myers-Briggs, l'Analyse Transactionnelle.

FC : Et bien d'autres merveilles ! Mais nous tenons à conserver cette partie de la formation relativement brève.

EM : Cela semble presque impossible. Vous avez un truc ?

FC : C'est un point auquel nous attachons beaucoup d'importance pour deux raisons. D'abord, nous considérons que la définition d'un type tient en neuf mots : le centre préféré et son sens d'utilisation (intérieur et/ou extérieur), la variante Alpha/Mu, la compulsion, le couple passion/vertu, le couple fixation/idée supérieure, le mécanisme de défense principal. Bien entendu, on peut rajouter énormément d'informations et d'exemples et nous ne nous en privons pas. Mais, il est important de garder en mémoire ce qui est fondamental afin de préserver l'universalité de l'Ennéagramme, de faire que la description d'un type soit valable quelle que soit la culture et quelle que soit l'époque.

EM : C'est important en effet. Si chaque pays et chaque époque avaient une définition différente des types, cela créerait certainement beaucoup de confusion.

FC : Exact. Faisons un parallèle. Si vous relisez Othello, vous verrez que la description psychologique des personnages est à la fois formidablement juste et extrêmement simple. Si Shakespeare avait rajouté beaucoup de détails, nous aurions l'histoire pas très intéressante d'un général maure à Venise au XVIIe siècle. C'est la simplicité des personnages qui fait que nous avons cette peinture éternelle de la jalousie, de la vengeance et de la manipulation qui touche encore profondément notre âme près de quatre cents ans plus tard. C'est la même chose pour l'Ennéagramme.

PC : La seconde raison a trait à l'objectif réel d'un apprentissage de l'Ennéagramme. On peut toujours parler plus de l'Ennéagramme. C'est une grande tentation parce qu'il y a tant de choses à dire. Et j'emploie le mot tentation au sens spirituel du terme. C'est la tentation narcissique de l'ego à parler de lui parce que tant qu'on ne fait que parler de lui, l'ego subsiste et même se renforce. Ce n'est pas pour cela que nos étudiants viennent. Ils viennent pour un travail de libération des automatismes de leur ego.

EM : Vous dites que cette partie de votre enseignement est relativement courte et pourtant cela fait beaucoup de sujets dans cette première catégorie ! Certaines personnes étudient l'Ennéagramme pendant des années sans jamais entendre parler des sous-types.

FC : Cette catégorie recouvre plusieurs stages, mais vous avez raison, il y a beaucoup de matériel. Nous avons une croyance sur l'apprentissage. Le cerveau apprend vite ou n'apprend pas. Quand un apprentissage est lent, votre cerveau s'ennuie et il se met à faire autre chose comme penser à vos prochaines vacances ou à vos impôts. Cela dépend de votre type ! Mais après, il a des difficultés à se remettre sur le sujet principal et à se reconnecter aux informations déjà acquises. La rapidité est le secret de la concentration et la concentration est le secret de la mémorisation et de l'intégration.

PC : Il y a aussi autre chose. On ne se libère pas de son ego en un week-end de stage par mois. Ni même par semaine. C'est un travail quotidien. Pendant les stages, nous partageons avec nos étudiants des méthodes, des techniques, des insights, des feedbacks et des expériences. Quand nous savons qu'ils ont intégré ces informations, nous leur laissons la responsabilité et la liberté de la pratique quotidienne plutôt que de faire et refaire les mêmes techniques en séance.

EM : Cela fait sens. L'ego se défend formidablement bien, même si nous y sommes très attentifs. Mais revenons en arrière pour un instant. Pour les lecteurs qui ne seraient pas familiers de votre théorie des types alpha/mu ["Vers un modèle unifié de l'Ennéagramme" EM Novembre 1998], pourriez-vous la résumer ?

FC : Ce concept est effectivement étudié dans la première catégorie de stage. Au départ, il y a une idée totalement logique. Si l'un des trois centres mental, émotionnel et instinctif est préféré, pourquoi les deux autres centres seraient-ils utilisés de manière égale ? Cette interrogation conduit à prendre conscience de l'existence d'un centre réprimé, c'est-à-dire dont l'utilisation est évitée parce qu'associée à des traumatismes plus ou moins forts de la toute petite enfance. Ce sont Kathy Hurley et Theodorre Donson qui ont exposé publiquement pour la première fois cette idée avec clarté. Je me rappelle encore du moment où j'ai lu leur livre My Best Self et à quel point l'idée nous a paru pertinente et éclairante et comment elle a transformé notre perception de l'Ennéagramme. Ce fut une révélation.

PC : Oui. Il y a pour nous une compréhension de l'Ennéagramme avant cette idée et une autre après. Nous ne pouvons penser à Kathy et Theodorre qu'avec gratitude pour cet apport.

FC : Il suffit de regarder autour de soi pour vérifier cette hypothèse du centre réprimé. Mais alors se posent de nouvelles questions. Quel centre est réprimé ? Comment en acquérir la certitude intime ? Kathy et Theodorre disent du centre réprimé qu'il est celui que "nous aimons le moins, comprenons le moins et dont nous évitons l'utilisation avec énormément d'habileté et d'astuce." Notre ego craint deux choses plus que tout : renoncer au centre préféré et utiliser le centre réprimé.

C'est pour cela que même avec beaucoup d'introspection et d'observation de soi, il est très souvent difficile de détecter notre centre réprimé. Dans un premier temps, nous nous sommes ralliés à l'idée que chaque type de l'Ennéagramme réprimait un centre bien précis. Par exemple, qu'un 1 réprimait forcément le centre mental. Et comme il se doit, nos élèves ont été nos maîtres. Nombre d'entre eux nous ont affirmé que cette hiérarchie imposée des centres ne s'appliquait pas à eux.

PC : Au bout d'un certain temps, il n'est plus possible d'ignorer la vox populi. Il n'est plus possible de dire que ces personnes se connaissent mal et ne s'observent pas assez. Nous avons alors passé près de deux ans à étudier ce sujet sur nous-même et avec nos étudiants. Nous avons mis au point des méthodes permettant de découvrir indirectement le centre qui était réprimé avant de le vérifier par l'observation de soi. Nous sommes arrivés à la conclusion que chaque type existait en deux variantes selon le centre qui était réprimé. Nous avons appelé ces variantes α (prononcer alfa) et μ (prononcer mu). Ce n'était là qu'une généralisation de ce que Kathy et Theodorre avaient déjà perçu pour les types 36 et 9. Voilà ce que cela donne :

Dans la liste verticale à côté de chaque type, la première lettre représente le centre préféré et la dernière le centre réprimé (celui qui est le moins, voire pas, utilisé ou qui est utilisé le moins bien)
I = centre instinctif ; E = centre émotionnel ; M = centre mental
i = utilisation intérieure de l'énergie du centre préféré ; e = utilisation extérieure de l'énergie du centre préféré ;
i/e = recherche d'équilibre entre utilisation intérieure et extérieure de l'énergie du centre préféré

Figure A - Hiérarchie des centres
© Institut Français de l'Ennéagramme, Paris, 1998

EM : Selon ce diagramme, vous utilisez un modèle à dix-huit types, neuf types α et neuf types μ. Est-ce vraiment ainsi ?

FC : Dix-huit variantes. Il n'y a que neuf types, chacun d'entre eux existant en deux variantes selon la hiérarchie des centres. Ce qui rapproche les deux variantes d'un même type est plus important que ce qui les sépare. La description traditionnelle des types reste bien entendu. La variante ne fait qu'introduire des nuances qui expliquent certaines des différences que nous constatons entre individus d'un même type.

EM : Pouvez-vous nous donner un exemple ?

PC : Bien sûr. Qu'il soit α ou μ, un 1 est un 1, quelqu'un qui préfère l'instinctif, l'utilise vers l'intérieur afin d'avoir un impact sur lui-même, de travailler et d'agir pour être quelqu'un de bien, de correct et d'intègre. Il vit la passion de colère et la fixation de perfectionnisme. Etc.

Dans ce cadre, le 1 α a le centre émotionnel en second. Les émotions lui font prendre plus en compte les autres et peuvent, s'il va plutôt bien, tempérer sa directivité et son agressivité. En même temps, il se demande si elles sont correctes et se traduisent par une plus grande anxiété et une plus grande sensibilité aux critiques. Il réprime le centre mental ce qui en fait quelqu'un qui peut décider et agir sans réflexion préalable, qui doute de lui-même mais pourtant ne fait guère confiance aux autres.

FC : Il faut être conscient que le centre réprimé est soit peu ou pas utilisé, soit utilisé dans ses aspects les plus négatifs.

EM : En quoi le 1 μ est-il différent ?

PC : Le 1 μ a le centre mental en second. Il est plus objectif, analytique et planificateur. Quand il va bien, cela l'amène à être un peu plus nuancé, mais quand il va mal, le centre mental lui permet de justifier rationnellement ses valeurs par un processus de rationalisation et le rend plus intransigeant et plus sûr de lui. La répression du centre émotionnel le rend aussi dur avec les autres qu'il peut l'être avec lui-même et le pousse à agir de manière froide et agressive.

FC : Ces descriptions ne sont bien évidemment que des tendances. L'effet de la variante dépend du niveau d'intégration de la personne, comme de l'ampleur du traumatisme subi par le centre réprimé. C'est le travail d'observation de soi qui fait peu à peu comprendre l'impact réel du centre réprimé.

EM : J'ai remarqué que les flèches de l'Ennéagramme μ sont inversées par rapport à celles de l'Ennéagramme α. Pourquoi cela ?

FC : Historiquement, les flèches sont un ajout relativement récent sur le modèle de l'Ennéagramme et elles sont aujourd'hui de plus en plus contestées. Nous avons découvert que selon la variante, le mouvement d'intégration ou de désintégration s'inversait.

EM : C'est-à-dire ?

PC : Revenons à l'exemple du 1. Le 1 α se désintègre en 4 α. Il se sent incompris et se reproche ses imperfections. Il est envieux de ceux qui font mieux que lui. Il se replie sur lui-même, devient mélancolique et dépressif. Il s'intègre en 7 α, prend la vie moins au sérieux et devient plus calme et optimiste. Il a des opinions moins tranchées, est plus créatif et réfléchit plus aux conséquences de ses actes.

Les mouvements vers le 4 et le 7 sont inversés pour le 1 μ. Le 1 μ se désintègre en 7 μ. Il se met à craindre la souffrance et agit moins ou de façon plus dispersée. Il juge les autres coupables de ses problèmes et les en déclare responsables. Il les fustige avec une ironie glacée. Il s'intègre en 4 μ. Il découvre ses émotions et qu'il a besoin de prendre soin de lui-même. Il en devient plus compatissant pour les autres, plus créatif et plus authentique.

FC : En fait, sauf exceptions un peu complexes à expliquer (mais vos lecteurs peuvent commander le numéro de novembre 1998 ou lire l'article sur le site), chaque type s'intègre en se connectant à son centre réprimé.

EM : Merci de nous avoir résumé les variantes α / μ. Pouvez-vous nous donner une brève description de l'Analyse Transactionnelle et de comment vous l'utiliser pour travailler avec l'Ennéagramme ?

FC : Heureusement que ni Patricia, ni moi ne sommes de type 9 ! C'est une question à se fâcher avec tous les spécialistes de l'Analyse Transactionnelle car il est quasiment impossible de résumer en quelques mots une approche aussi fine et aussi riche.

L'Analyse Transactionnelle, ou AT, a été mise au point par Eric Berne et découpe la personnalité en trois états du moi, appelés le Parent, l'Adulte et l'Enfant. L'Analyse Transactionnelle étudie l'interaction de ces parties de la personnalité à l'intérieur d'une personne et dans la communication entre les personnes. Elle repère quand ces interactions sont pathologiques et donne des moyens de les rendre plus saines.

PC : Globalement, c'est cela ! La correspondance entre les types de l'Ennéagramme et les états du moi de l'AT est simple et évidente. On peut dire que le 7 privilégie l'état "Enfant", plus précisément "Enfant Libre", que le 2 est dans l'état "Parent Nourricier", etc. Cela n'apporte pas grand-chose à l'Ennéagramme, ni à l'AT, excepté se reconnaître des points communs.

Un autre aspect de l'AT nous semble beaucoup plus prometteur. L'AT définit ce quelle appelle des permissions que l'enfant aurait dû recevoir dans son enfance et qui lui manquent s'il ne les a pas reçues ou s'il ne les a pas perçues. Des exemples de ces permissions sont : "Sois important", "Ressens", "Expérimente". Identifier pour un type les permissions qu'il n'a pas reçues donne un moyen efficace de travailler sur les limitations du type.

FC : Il y a aussi autre chose. L'AT est de type 5

EM : De type 5 ?

FC : Oui ! Il est classique dans le monde de l'Ennéagramme d'affecter un type à un pays ou une culture ou une entreprise. De la même manière, on peut donner un type aux grandes théories et méthodes psychologiques. Parmi celles que nous connaissons, la PNL est 3, la psychanalyse et l'Analyse Transactionnelle sont 5, la Thérapie centrée sur le client de Carl Rogers est 9. Connaître le type d'une théorie permet de prévoir si elle va plaire à une personne et si elle va lui être utile. Ce qui n'est pas forcément la même chose !

L'AT donc est 5. Les membres du centre mental adorent. C'est souvent pour eux un bon début pour un travail de développement personnel et beaucoup refuseraient une méthode mettant plus en jeu les émotions comme la Gestalt Thérapie. Mais pour les mentaux, un travail en AT ne peut pas être suffisant. Il leur faudra en complément une méthode plus émotionnelle ou plus instinctive.

Nous aimons voir l'Ennéagramme comme une boussole permettant de choisir à chaque moment la méthode la plus appropriée au développement psychologique et spirituel d'une personne.

PC : À l'inverse, un 2 risque de trouver l'Analyse Transactionnelle bien… analytique et bien froide. Mais, elle lui sera extrêmement utile lors de la phase du travail personnel où il s'agit de se connecter à son centre mental et de le renforcer.

La bonne thérapie, celle qui traiterait tout chez tout le monde, n'existe pas. Cela se saurait. Chacune apporte quelque chose qui peut être déterminant si elle est utilisée au bon moment. Nous rêvons de réseaux de thérapeutes de disciplines différentes conjuguant leurs forces et intervenant chacun au bon moment à l'aide de l'Ennéagramme.

FC : S'il y en a qui ne savaient pas que les 1 et les 7 sont des idéalistes, c'est fait ! [Pour ceux qui l'ignoreraient, Fabien est un 7 μ et Patricia une 1 α.]

EM : Hmmm, alors ce serait parfaitement amusant de changer complètement de sujet et de vous demander de parler de votre programme PNL, d'accord ? Dites-nous ce que vous faites dans ce domaine.

FC : Nous enseignons la PNL depuis plus de dix ans maintenant et nous sommes spécialisés dans l'utilisation de la PNL en relation d'aide et donc dans la formation de thérapeutes. C'est une formation intensive de deux ans. Nous utilisons beaucoup l'Ennéagramme pour que nos étudiants détectent les problèmes et le fonctionnement de leurs clients et surtout pour qu'ils soient conscients de leurs propres filtres perceptifs et ne les imposent, ni ne les projettent sur leurs clients. Le contraire n'est pas vrai. Dans notre cursus Ennéagramme, nous utilisons modérément la PNL comme une technique psychologique parmi d'autres.

PC : Comme nous l'avons dit, la PNL est 3 : les praticiens de la PNL ont toujours un objectif en tête, parfois pour eux le relationnel prime sur l'émotionnel et une des croyances de base de la PNL est qu'il n'y a pas d'échec, seulement de l'information.

On peut donc enseigner la PNL comme une technique 3 désintégrée ou comme une technique 3 intégrée. Et les deux existent sur le marché. La connaissance de l'Ennéagramme nous a aidés à bâtir un enseignement de la PNL qui soit encore plus éthique et plus respectueux des personnes. FC : L'Ennéagramme nous a aussi aidés à bâtir des interventions thérapeutiques PNL justes à la fois sur le plan psychologique et sur le plan spirituel.

EM : Pouvez-vous préciser ce point ?

FC : Nous pensons qu'il y a deux sortes de travail sur soi et nous utilisons ce schéma :

Figure B - Développement psychologique et spirituel
© Institut Français de l'Ennéagramme, Paris, 1996

Le premier travail est un travail psychologique. Il s'agit pour une personne d'être à l'aise dans le monde : en sécurité, intégrée dans des groupes sociaux et professionnels et pouvant réussir une relation intime. C'est un travail au niveau de l'ego, essentiellement sur les trois instincts, conservation, social et sexuel. Parallèlement, il y a un travail plus spirituel qui consiste à équilibrer les centres et à se libérer de l'emprise de la compulsion, de la passion et de la fixation. Une action positive et efficace dans l'adaptation de l'ego au monde peut être nocive pour le développement spirituel.

EM : Bien sûr ! Si vous rendez l'ego plus confortable, vous diminuez le désir de le dépasser. Auriez-vous un exemple ?

PC : Si un 2 est épuisé parce qu'il a dépensé trop d'énergie à aider les autres, une intervention valide pourrait être de le convaincre de se reposer pour être plus aidant plus tard. Et cela marche. Il est assez aisé de faire accepter ce raisonnement à un 2 et il ralentit en conséquence. C'est une action psychologique efficace, mais cela utilise, valide et donc renforce la compulsion et est négatif sur la flèche ascendante de libération des automatismes de l'ego.

FC : Prenons un deuxième exemple. Si une personne souffre de problèmes de confiance en soi parce que dans son dialogue intérieur, elle ne cesse de se répéter : "Je suis stupide." Avec la PNL, un tel monologue intérieur peut être transformé en quelques minutes par : "Je suis OK." L'effet sur l'assurance quotidienne de la personne d'une telle intervention est positif, mais un automatisme a été remplacé par un autre. Sans être franchement négatif sur le plan spirituel, un tel traitement entérine le statu quo.

Nous insistons avec nos étudiants pour qu'ils conçoivent des interventions efficaces sur le plan psychologique ET libératrice sur le plan spirituel : donner des ressources dans le présent tout en facilitant le passage vers l'essence.

Bien entendu, cela ne signifie pas que le type d'interventions pris en exemple soit critiquable. Des urgences thérapeutiques peuvent amener à les choisir pour le confort ou la survie du client. Le thérapeute fait le meilleur choix au cas par cas en fonction des informations dont il dispose.

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