Emma Bovary
Yves Denis

J'ai relu le roman de Flaubert Madame Bovary, mœurs de province. Je me sens fasciné par la façon de percevoir de Flaubert, et enchanté par la beauté de son style et son élégance.

Portrait de Gustave Flaubert par Pierre François Eugène Giraud (1856)

Emma Bovary, l'héroïne du roman, est d'ennéatype 4 alpha. Les trois centres sont dans un déséquilibre extrême. Les trois instincts sont très blessés. Au fil du roman, malgré l'amour inconditionnel que lui donnent son père et son mari Charles, Emma se désintègre inexorablement : niveau moyen à dysfonctionnel (pensionnaire au couvent), à moyen (début du mariage), à dysfonctionnel (premier adultère), à psychotique (addiction aux émotions extrêmes), et enfin à suicide. Les signes de désintégration externe apparaissent après ceux de désintégration interne (après la scène du bal mondain). Leur apparition coïncide avec une aggravation de sa désintégration interne (aggravation de l'envie et de la mélancolie).

La première partie de ce document est une liste de citations illustrant des traits de l'ego et de l'essence du 4. La seconde partie est un essai de corrélation entre la désintégration d'Emma et son positionnement sur la Spirale Dynamique.

Première partie – Citations illustrant des traits
de l'ego et de l'essence de l'ennéatype 4

J'ai mis en gras les mots importants du point de vue de l'Ennéagramme.

Un fonctionnement du centre émotionnel intérieur : je recherche des émotions fortes, car vivre des émotions fonde mon identité.

De retour du couvent, Emma s'ennuie dans la ferme isolée de son père : « Elle se considérait comme fort désillusionnée, n'ayant plus rien à apprendre, ne devant plus rien sentir. […] Elle ne pouvait imaginer à présent que ce calme où elle vivait fût le bonheur dont elle avait rêvé. » (I, 6). Trop peu d'émotions.

Arrive alors un homme. Cet homme, c'est Charles, son futur mari. « L'anxiété d'un état nouveau, ou l'irritation causée par la présence de cet homme, avait suffi à lui faire croire qu'elle possédait enfin cette passion merveilleuse qui jusqu'alors s'était tenue comme un grand oiseau au plumage rose planant dans la splendeur des ciels poétiques. » (I, 6). Le centre émotionnel d'Emma, alors en pleine disette, commence à se nourrir, non pas de l'amour pour cet homme, mais d'états d'âme qu'elle transforme en l'illusion d'une passion, illusion qui la portera quand même au mariage (plus « émotigène » que ce « calme où elle vivait » !).

Charles « aimait infiniment sa femme ». Mais Charles (d'ennéatype 9 mu), ce n'est pas notre flamant rose planant et pas normand. Son amour est calme. Trop peu d'émotions. « Elle avait cru avoir de l'amour ; mais le bonheur qui aurait dû résulter de cet amour n'étant pas venu, il fallut qu'elle se fût trompée, songeait-elle. Et Emma cherchait à savoir ce que l'on entendait au juste dans la vie par les mots de félicité, de passion et d'ivresse, qui lui avaient paru si beaux dans les livres. » (I, 5). Et c'est reparti dans une recherche d'émotions fortes ! Emma ne contemplera jamais Charles. Non, elle focalisera son attention sur sa recherche d'émotions. « Il n'y a pas de Vrai, il n'y a que des façons de voir », écrivait Flaubert. Sa « façon de voir » à elle, c'est le filtre d'attention de l'ego du 4 (cf. stage Essence). Elle a beau lui « réciter tout ce qu'elle savait par cœur de rimes passionnées et lui chanter en soupirant des adagios mélancoliques », elle n'éprouve rien et vit alors la peur de base de l'ego du : « Quand elle eut ainsi battu le briquet sur son cœur sans en faire jaillir une étincelle, incapable, du reste, de comprendre ce qu'elle n'éprouvait pas […] elle se persuada sans peine que la passion de Charles n'avait plus rien d'exorbitant. Ses expansions devenaient régulières. » (I, 7). Aucune étincelle ne jaillit du briquet et elle se sent désorientée, car sans émotion.

« L'amour, croyait-elle, devait arriver tout à coup, avec de grands éclats et des fulgurations, — ouragan des cieux qui tombe sur la vie, la bouleverse, arrache les volontés comme des feuilles et emporte à l'abîme le cœur entier. » (II, 4).

« À la ville, avec le bruit des rues, le bourdonnement des théâtres et les clartés du bal, [ses anciennes camarades de couvent] avaient des existences où le cœur se dilate, où les sens s'épanouissent. Mais elle, sa vie était froide comme un grenier dont la lucarne est au nord, et l'ennui, araignée silencieuse, filait sa toile dans l'ombre à tous les coins de son cœur. Elle se rappelait les jours de distribution de prix, où elle montait sur l'estrade pour aller chercher ses petites couronnes. ». (I, 7). (NB : Après son départ du couvent, Emma n'a jamais revu aucune camarade de couvent.)

« Tout ce qui l'entourait immédiatement, campagne ennuyeuse, petits bourgeois imbéciles, médiocrité de l'existence, lui semblait une exception dans le monde, un hasard particulier où elle se trouvait prise, tandis qu'au-delà s'étendait à perte de vue l'immense pays des félicités et des passions. Elle confondait dans son désir, les sensualités du luxe avec les joies du cœur, l'élégance des habitudes et les délicatesses du sentiment. » (I, 9).

« Quand elle se mettait à genoux sur son prie-Dieu gothique, elle adressait au Seigneur les mêmes paroles de suavité qu'elle adressait jadis à son amant, dans les épanchements de l'adultère. C'était pour faire venir la croyance ; mais aucune délectation ne descendait des cieux, et elle se relevait, les membres fatigués, avec le sentiment vague d'une immense duperie. Cette recherche, pensait-elle, n'était qu'un mérite de plus ; et, dans l'orgueil de sa dévotion, Emma se comparait à ces grandes dames d'autrefois, dont elle avait rêvé la gloire. » (II, 12).

Enfin, voici la seule évocation du visage d'Emma (Flaubert ne voulait pas qu'un dessin-portrait de femme illustre son livre, ceci pour laisser libre cours à l'imagination du lecteur). Cette évocation se trouve vers la fin du roman (III, 8) : « [Le prêtre] trempa son pouce dans l'huile et commença les onctions : d'abord sur les yeux, qui avaient tant convoité toutes les somptuosités terrestres ; puis sur les narines, friandes de brises tièdes et de senteurs amoureuses ; puis sur la bouche, qui s'était ouverte pour le mensonge, qui avait gémi d'orgueil et crié dans la luxure ; puis sur les mains, qui se délectaient aux contacts suaves, et enfin sur la plante des pieds si rapides autrefois quand elle courait à l'assouvissance de ses désirs, et qui maintenant ne marcheraient plus. »

Un fonctionnement du centre émotionnel : pour créer, aviver et prolonger une émotion, je fais feu de tout bois

Maintenant que son ami Léon (à qui elle n'a pas déclaré ses sentiments) est parti à Paris, Emma s'ennuie : « Dès lors, ce souvenir de Léon fut comme le centre de son ennui ; il y pétillait plus fort que, dans une steppe de Russie, un feu de voyageurs abandonné sur la neige. Elle se précipitait vers lui, elle se blottissait contre, elle remuait délicatement ce foyer près de s'éteindre, elle allait cherchant tout autour d'elle ce qui pouvait l'aviver davantage ; et les réminiscences les plus lointaines comme les plus immédiates occasions, ce qu'elle éprouvait avec ce qu'elle imaginait, ses envies de volupté qui se dispersaient, ses projets de bonheur qui craquaient au vent comme des branchages morts, sa vertu stérile, elle ramassait tout, prenait tout, et faisait servir tout à réchauffer sa tristesse. Cependant les flammes s'apaisèrent, soit que la provision elle-même s'épuisât, ou que l'entassement fût trop considérable. L'amour, peu à peu, s'éteignit par l'absence, le regret s'étouffa sous l'habitude ; et cette lueur d'incendie qui empourprait son ciel pâle se couvrit de plus d'ombre et s'effaça par degrés. Dans l'assoupissement de sa conscience, elle prit même les répugnances du mari pour les aspirations vers l'amant, les brûlures de la haine pour les réchauffements de la tendresse ; mais comme l'ouragan soufflait toujours, et que la passion se consuma jusqu'aux cendres, et qu'aucun secours ne vint, il fut de tous côtés nuit complète, et elle demeura perdue dans un froid intérieur qui la traversait. » (II, 7). Ce « froid intérieur », la peur de base de l'ego du 4 ?

« Dans les lettres qu'Emma lui envoyait, il était question de fleurs, de vers, de la lune et des étoiles, ressources naïves d'une passion affaiblie qui essayait de s'aviver à tous les secours extérieurs. Elle se promettait continuellement pour son prochain voyage une félicité profonde, puis elle s'avouait ne rien sentir d'extraordinaire. » (III, 6).

Cet engrenage égotique crée la platitude qu'Emma évite

« Ils se connaissaient trop pour avoir ces ébahissements de la possession qui en centuplent la joie. […] Emma retrouvait dans l'adultère toutes les platitudes du mariage. […] Elle avait beau se sentir humiliée de la bassesse d'un tel bonheur, elle y tenait par habitude ou par corruption ; et, chaque jour, elle s'y acharnait davantage, tarissant toute félicité à la vouloir trop grande. » (III, 6).

Des mouvements de mes états d'âme

Le vent revient souvent pour illustrer ces mouvements :

  • Le vent qui attise le feu abandonné dans la steppe : « Comment dire un insaisissable malaise, qui change d'aspect comme les nuées, qui tourbillonne comme le vent ? Les mots lui manquaient, donc l'occasion, la hardiesse. » (I, 7).
  • « Sa volonté, comme le voile de son chapeau retenu par un cordon, palpite à tous les vents, il y a toujours quelque désir qui entraîne, quelque convenance qui retient. » (II, 3).
  • « Les girouettes des maisons ne tournaient plus. » (II, 13), augure d'une terrible catastrophe.
  • « Ce fut comme le ciel, quand le vent chasse les nuages. L'amas de pensées tristes qui les assombrissaient parut se retirer de ses yeux bleus ; tout son visage rayonna. » (III, 1).
  • « Elle s'évanouissait. […] La rivière livide frissonnait au vent. »

La musique aussi : « Un sourire lui montait aux lèvres à certaines délicatesses du violon. » (I, 8). Elle écoute une musique d'orgue de Barbarie : « Des sarabandes à n'en plus finir se déroulaient dans sa tête, et, comme une bayadère sur les fleurs d'un tapis, sa pensée bondissait avec les notes, se balançait de rêve en rêve, de tristesse en tristesse. » (II, 9).

« Un infini de passions peut tenir dans une minute, comme une foule dans un petit espace. Emma vivait tout occupée des siennes. » (III, 6).

Comment exprimer mes émotions idiosyncrasiques ?

« Rodolphe ne distinguait pas la dissemblance des sentiments [d'Emma] sous la parité des expressions. » (II, 11).

« La parole est un laminoir qui allonge toujours les sentiments. » (III, 1).

Style de communication : drame

« Pour s'être découvert trois cheveux gris sur les tempes, elle parla de sa vieillesse. » (II, 7).

« Ce qu'il y a de plus lamentable, c'est de traîner, comme moi, une existence inutile. » Puis à propos d'un épisode de neurasthénie : « Emma interrompit [Léon] pour parler de sa maladie où elle avait manqué mourir ; quel dommage ! Elle ne souffrirait plus maintenant. » (III, 1).

Attirer et repousser, et dilemme incarnation-imagination

Léon, amoureux d'Emma, vient la voir : « Elle était si triste et si calme, si douce à la fois et si réservée, que l'on se sentait près d'elle pris par un charme glacial, comme l'on frissonne dans les églises sous le parfum des fleurs mêlé au froid des marbres. […] Mais elle était pleine de convoitises, de rage, de haine. Cette robe aux plis droits cachait un cœur bouleversé, et ces lèvres si pudiques n'en racontaient pas la tourmente. Elle était amoureuse de Léon, et elle recherchait la solitude, afin de pouvoir plus à l'aise se délecter de son image. La vue de sa personne troublait la volupté de cette méditation. Emma palpitait au bruit de ses pas ; puis, en sa présence, l'émotion tombait, et il ne lui restait ensuite qu'un étonnement qui se finissait en tristesse. » (II, 5).

De la recherche d'émotions fortes à la compulsion d'évitement de la banalité

« La conversation de Charles était plate comme un trottoir de rue, et les idées de tout le monde y défilaient, dans leur costume ordinaire, sans exciter d'émotion, de rire ou de rêverie. […] Il ne savait ni nager, ni faire des armes, ni tirer le pistolet. (I, 7).

« Je déteste les héros communs et les sentiments tempérés, comme il y en a dans la nature. » (II, 2).

Passion d'envie

Les exemples fourmillent. « [Son mari] aurait pu être beau, spirituel, distingué, attirant, tels qu'ils étaient, sans doute, ceux qu'avaient épousés ses anciennes camarades de couvent. » (I, 7).

Contrepassion d'autosuffisance associée à une désintégration externe (orgueil, dédain)

« Elle, si soigneuse autrefois et délicate, elle restait à présent des journées entières sans s'habiller, portait des bas de coton gris, s'éclairait à la chandelle. Elle répétait qu'il fallait économiser, puisqu'ils n'étaient pas riches, ajoutant qu'elle était très contente, très heureuse, que Tostes lui plaisait beaucoup, et autres discours nouveaux qui fermaient la bouche à la belle-mère. Du reste Emma ne semblait plus disposée à écouter ses conseils, […] elle ne cachait plus son mépris pour rien ni personne. » (II, 9).

De la recherche d'émotions à la fixation de mélancolie

Le lendemain du départ de Léon (départ pendant lequel elle n'a rien exprimé) : « Tout lui parut enveloppé par une atmosphère noire qui flottait sur l'extérieur des choses, et le chagrin s'engouffrait dans son âme avec des hurlements doux, comme fait le vent d'hiver dans les châteaux abandonnés. C'était cette rêverie que l'on a sur ce qui ne reviendra plus, la lassitude qui vous prend après chaque fait accompli, cette douleur, enfin, que vous apportent l'interruption de tout mouvement accoutumé, la cessation brusque d'une vibration prolongée. Comme au retour de la Vaubyessard, quand les quadrilles tournaient encore dans la tête, elle avait une mélancolie morne, un désespoir engourdi. Léon réapparaissait plus grand, plus beau, plus suave, plus vague ; quoiqu'il fût séparé d'elle, il ne l'avait pas quitté, il était là, et les murailles de la maison semblaient avoir gardé son ombre. Elle ne pouvait détacher sa vue de ce tapis où il avait marché, de ces meubles vides où il s'était assis. » (II, 7).

« La tendresse des anciens jours leur revenait au cœur, abondante et silencieuse comme la rivière qui coulait, avec autant de mollesse qu'en apportait le parfum des seringas, et projetait dans leurs souvenirs des ombres plus démesurées et mélancoliques que celles des saules immobiles qui s'allongeaient sur l'herbe. » (II, 12).

« [Charles] trouva [Emma] debout, le front contre la fenêtre, et qui regardait dans le jardin, où les échalas avaient été renversés par le vent. » (I, 2).

Premier mécanisme de défense d'introjection

L'hégémonie permanente de son centre émotionnel, exclusivement orienté vers l'intérieur — hégémonie en rapport avec la répression extrême de son centre instinctif — pousse Emma à rechercher des émotions fortes, et quand elle n'en trouve pas, à les créer par introjection (par exemple, ses lectures romantiques). Elle trouve sa vie trop « ennuyeuse » ou « calme », et le mécanisme s'enclenche de façon incessante :

  • « Votre pensée se mêle aux personnages ; il semble que c'est vous qui palpitez sous leurs costumes. » (II, 3).
  • « Elle devenait elle-même comme une partie véritable de ces imaginations et réalisait la rêverie de sa jeunesse, en se considérant dans ce type d'amoureuse qu'elle avait tant envié. » (II, 9).
  • « Par la diversité de son humeur, tour à tour mystique ou joyeuse, babillarde, taciturne, emportée, nonchalante, elle allait rappelant en lui [son amant] mille désirs, évoquant des instincts ou des réminiscences. Elle était l'amoureuse de tous les romans, l'héroïne de tous les drames, le vague elle de tous les volumes de vers. » (III, 5).

Second mécanisme de défense de sublimation

Je n'ai trouvé aucun exemple. Emma a appris la danse, le dessin, la tapisserie, le piano, mais ne pratique jamais (centre instinctif très réprimé). Elle possède un piano, mais n'en joue jamais, sauf au début de son mariage. À la mort de sa mère, elle ne crée pas elle-même le tableau avec les cheveux de sa mère : elle le « fait faire ». Pendant quelque temps, elle chante des « adagios mélancoliques » à Charles ou écrit à Léon, mais c'est encore pour susciter en elle-même (vainement) de la « passion », et non pour extérioriser (sublimation) son trop-plein de souffrances égotiques (engendrées par l'envie et la mélancolie). La conséquence est que ses souffrances restent incrustées en elle.

Répression du centre instinctif

La seule plainte que le père débonnaire d'Emma émet vis-à-vis de sa fille concerne son inertie (elle ne fait pas grand-chose à la ferme). Emma est maladroite : « tout en cousant, elle se piquait les doigts » (I, 2). Enfin lorsque lui vient l'idée de se suicider, le centre instinctif n'assure plus sa fonction première : la survie. Seul le centre émotionnel fonctionne.

Non-accès au centre intuitif (les états d'âme des autres)

« […] quoiqu'elle ne fût guère tendre cependant, ni accessible à l'émotion d'autrui. » (I, 9). Par ailleurs, Emma n'a pas deviné que Léon l'aimait (II, 9). De même pour Justin : « Elle ne se doutait point que l'amour, disparu de sa vie, palpitait là, près d'elle, sous cette chemise de grosse toile. » (II, 13). Et elle ne discerne pas les états d'âme de son mari (par exemple, elle croit qu'il va la rejeter). Ni ceux de ses amants.

Instinct de conservation et intrépidité

Pour rencontrer son amant, Emma brave les commérages provinciaux malveillants. Elle supplie son amant de l'emmener : « Emmène-moi ! Enlève-moi !.… Oh ! Je t'en supplie ! » (II, 12).

Instinct social : de l'envie et de la honte à la haine

Emma a souvent honte de son mari, un banal médecin de campagne : « Charles n'avait pas d'ambition ! Un médecin d'Yvetot, avec qui dernièrement il s'était trouvé en consultation, l'avait humilié quelque peu, au lit même du malade, devant les parents assemblés. Quand Charles lui raconta le soir, cette anecdote, Emma s'emporta bien haut contre le confrère. Charles en fut attendri. Il la baisa au front avec une larme. Mais elle était exaspérée de honte, elle avait envie de le battre, elle alla dans le corridor ouvrir la fenêtre et huma l'air frais pour se calmer. — Quel pauvre homme ! Quel pauvre homme ! disait-elle tout bas, en se mordant les lèvres. » (I, 9). Emma ne « mordillonne » plus, ni ne « mordille » ses lèvres, mais les « mord ». Honte de cette double faiblesse de son mari (il s'humilie puis s'attendrit). Honte de cette image de ce mari aux émotions trop douces, ordinaire, image à laquelle sa propre image est assujettie, étant donné les rapports mari-femme de cette époque, en province. Image-verdict de son identité qu'elle fonde sur ses émotions, absentes avec ce mari banal. « Exaspérée de honte, elle avait envie de le battre »… Honte-reflet de sa faiblesse, de sa peur de ne pas avoir d'émotions, donc d'identité, peur-germe de l'ambition (sortir de l'ordinaire), de la vanité, honte sans culpabilité, s'amalgamant avec l'envie, la mélancolie, le sentiment d'injustice, ainsi que l'orgueil et le dédain (désintégration externe), le dégoût, la souffrance… pour former une « haine nombreuse » : « Les appétits de la chair, les convoitises d'argent et les mélancolies de la passion, tout se confondit dans une même souffrance ; et au lieu d'en détourner sa pensée, elle l'y attachait davantage, s'excitant à la douleur et en cherchant partout les occasions. Elle s'irritait d'un plat mal servi ou d'une porte entrebâillée, gémissait du velours qu'elle n'avait pas, du bonheur qui lui manquait, de ses rêves trop hauts, de sa maison trop étroite. […] Elle reporta sur lui seul [Charles] la haine nombreuse qui résultait de ses ennuis, et chaque effort pour l'amoindrir ne servait qu'à l'augmenter. […] Sa propre douceur à elle-même lui donnait des rébellions. La médiocrité domestique la poussait à des fantaisies luxueuses, la tendresse matrimoniale en des désirs adultères. Elle aurait voulu que Charles la battît, pour pouvoir plus justement le détester, s'en venger. Elle s'étonnait parfois des conjectures atroces qui lui arrivaient à la pensée. » (II, 5). Ce passage illustre l'enchaînement : manque à "envie + mélancolie + honte" à haine des autres et de soi.

Ailes

Les deux ailes sont présentes : vanité, avarice de soi, mensonge à soi et détachement sont visibles. « À mesure que se serrait davantage l'intimité de leur vie, un détachement intérieur se faisait qui la déliait de [Charles]. […] Il n'enseignait rien, celui-là [Charles], ne savait rien, ne souhaitait rien. » (I, 7) me fait penser au détachement de l'ego 5. Comme pour un 5, le détachement d'Emma s'enclenche pour éviter le vide. La différence serait que, chez l'ego 5, le vide intérieur est créé artificiellement par lui-même (il craint ses émotions et les nie), tandis que chez l'ego 4, il est créé naturellement par l'absence d'émotions (il n'en ressent pas). Le détachement égotique tente de combler le vide avec, pour l'ego 5, des pensées, et pour l'ego 4, des émotions.

Le sentiment de rejet

« Quand son père la retira de la pension, on ne fut point fâché de la voir partir. La supérieure trouvait qu'elle était devenue, dans les derniers temps, peu révérencieuse envers la communauté. » (I, 6). Un premier augure du rejet final d'Emma par elle-même (suicide), rejet pour devancer les manifestations de l'opprobre, qu'elle croit unanime. Mais elle se trompe en croyant que son mari la rejettera : il ne la rejettera pas.

Alibi de l'ego 4 pour agresser : le sentiment d'injustice (droit – plainte)

« Elle valait bien cependant toutes celles qui vivaient heureuses ! Elle avait vu des duchesses à la Vaubyessard qui avaient la taille plus lourde et les façons plus communes, et elle exécrait l'injustice de Dieu. » (I, 9).

Résister à la tentation d'une vie exaltante, est un sacrifice de soi pour Emma. Elle vit ce sacrifice comme un sentiment d'injustice : « [Charles] la croyait heureuse ; et elle lui en voulait de ce calme si bien assis, de cette pesanteur sereine, du bonheur même qu'elle lui donnait. » (I, 7). Et plus tard : « Par quelle déplorable manie avoir ainsi abîmé son existence en sacrifices continuels ? Elle se rappela tous ses instincts de luxe, toutes les privations de son âme, les bassesses du mariage, du ménage, ses rêves tombant dans la boue comme des hirondelles blessées, tout ce qu'elle avait désiré, tout ce qu'elle s'était refusé, tout ce qu'elle aurait pu avoir ! Et pourquoi ? Et pourquoi ? » (II, 11). Encore le filtre de l'ego. Ce sentiment d'injustice est l'alibi de l'ego 4 pour agresser (cf. "Les alibis de l'ego", un article d'Antonio Barbato). Envie, mélancolie, sentiment d'injustice, vanité et mensonge à soi, avarice de soi et détachement, orgueil et dédain, haine, tout un faisceau de forces centrifuges entraînent Emma dans une orbite infernale, hors de l'orbite placide de l'amour de Charles, pas assez « exorbitant » pour elle.

Vertu d'harmonie et de contentement

Flaubert la fait vivre, non pas par Emma, mais par Charles (qui est d'ennéatype 9 mu) ! C'est bien pratique d'avoir deux personnages sous la plume. Juste après son mariage : « Il était donc heureux et sans souci de rien au monde. Un repas en tête à tête, une promenade le soir, un geste de sa main sur ses bandeaux, la vue de son chapeau de paille accroché à l'espagnolette d'une fenêtre, et bien d'autres choses encore où Charles n'avait jamais soupçonné de plaisir, composaient maintenant la continuité de son bonheur. Au lit, le matin, et côte à côte sur l'oreiller, il regardait la lumière du soleil passer parmi le duvet de ses joues blondes. ». Puis il contemple les yeux d'Emma : « […] noirs à l'ombre et bleu foncé au grand jour, ils avaient comme des couches de couleurs successives, et qui, plus épaisses dans le fond, allaient en s'éclaircissant vers la surface de l'émail. Son œil, à lui, se perdait dans ces profondeurs, et il s'y voyait en petit jusqu'aux épaules, avec le foulard qui le coiffait et le haut de sa chemise entrouvert. » (I, 5).

Disparition du filtre d'attention de l'ego 4

Si le filtre d'attention de l'ego du 4 s'était atténué, Emma se fût connectée à la réalité. C'est arrivé une fois, très brièvement, au milieu du roman (II, 10). Voici ce qui s'est passé. C'est mon passage préféré.

Emma lit une lettre de son père. Il est bloqué dans sa ferme par la maladie. L'innocence de cette lettre m'a touché. « Les fautes d'orthographe s'y enlaçaient les unes aux autres et Emma en poursuivait la pensée douce qui caquetait tout au travers comme une poule à demi cachée dans une haie d'épines. » Naissent alors des images de l'harmonie (vertu du 4) de l'enfance. Un souvenir vient : « Il y avait sous la fenêtre une ruche à miel, et quelquefois les abeilles frappaient contre les carreaux comme des balles d'or rebondissantes. » Je vois dans cette phrase une métaphore : aujourd'hui, jouet de ses illusions créées par ses automatismes égotiques, Emma se cogne contre les « carreaux » (toujours ce jeu de miroirs entre le monde extérieur et les états d'âme — de Flaubert, d'Emma, du lecteur). C'est alors qu'Emma a une intuition. « Mais qui donc la rendait si malheureuse ? Où était la catastrophe extraordinaire qui l'avait bouleversée ? Et elle releva la tête, regardant autour d'elle, comme pour chercher la cause qui la faisait souffrir. » Elle se connecte au monde extérieur et à ses sensations, à la réalité. Le filtre disparaît. Surgit une épiphanie : « Un rayon d'avril chatoyait sur les porcelaines de l'étagère ; le feu brûlait ; elle sentait sous ses pantoufles la douceur du tapis ; le jour était blanc, l'atmosphère tiède, et elle entendit son enfant qui poussait des éclats de rire. […] — Amenez-la-moi ! dit sa mère, se précipitant pour l'embrasser. Comme je t'aime, ma pauvre enfant ! Comme je t'aime ! […] La domestique restait fort ébahie devant cet excès de tendresse. […] C'est alors qu'Emma se repentit. Elle se demanda même pourquoi elle exécrait Charles, et s'il n'eût pas été meilleur de le pouvoir aimer. » Cette tendresse inattendue naît de son attention (le filtre a disparu). Pour la première fois, Emma a l'intuition qu'elle a construit son malheur. Son intuition la dévoile à elle-même, elle la rapproche de ce qu'il y a plus intime en elle et en tout : je reprends les termes d'Emil Cioran (cf. « Échec et mensonge »). Un autre voile se lèvera, précédant le début de sa terrible agonie, comme le calme avant la tempête, quand elle reconnaîtra, pour la première fois, la bonté de son mari : « Elle en avait fini, songeait-elle, avec toutes les trahisons, les bassesses et les innombrables convoitises qui la torturaient. Elle ne haïssait personne, maintenant. »

Idée supérieure d'originalité

Je n'ai pas trouvé d'exemple.

Seconde partie – Corrélation entre la désintégration d'Emma
et son positionnement sur la Spirale Dynamique

Gustave Glaubert disséquant Madame Bovary (caricature d'Achille Lemot, 1869)

L'inexorabilité de la désintégration d'Emma m'a renvoyé à une autre histoire, vraie, qui m'avait profondément attristé et affligé. Appelé au secours, mon centre mental a répondu. J'ai cherché à positionner Emma et son environnement social sur la Spirale Dynamique, et à corréler sa désintégration avec son positionnement sur la Spirale.

Emma est d'abord pensionnaire au couvent, puis habite successivement à Tostes et à Yonville, deux bourgades provinciales. Dans ces deux contextes, le niveau d'existence dominant est DQ (BLEU). ER (ORANGE) émerge. Voici maintenant un éventail des vMèmes d'Emma.

D'abord son BO (VIOLET-Sécurité). Hormis son père, Emma n'a aucune famille (sa mère et son frère sont morts). Le père d'Emma aime sa fille, à sa façon, sans la comprendre. Il ne lui demande rien ; envoie au couple Bovary, tous les ans, une dinde ; ne reçoit rien d'Emma. Emma ne s'adresse pas à lui. Pas de visites. Pas de réciprocité. La relation d'Emma avec sa propre fille est réduite au minimum, et encore ! Pas de rituels. Pas de traditions (sauf lors de son mariage). BO ne semble pas installé. Il aurait pu s'installer au couvent. Mais ce n'est pas le cas : les rites n'attirent pas Emma, et les pensionnaires ne forment pas du tout une « tribu ». Toutefois, quand elle sera dans un niveau psychotique, Emma s'adonnera brièvement à des rituels religieux. Mais ce sera pour satisfaire sa recherche d'émotions fortes. La citation qui suit pourrait illustrer un BO de compensation malsain (et aussi illustrer le déséquilibre extrême des trois centres, incompatible avec un fonctionnement sain ou saint) : « Elle voulut devenir une sainte. Elle acheta des chapelets, elle porta des amulettes ; elle souhaitait avoir dans sa chambre, au chevet de sa couche, un reliquaire enchâssé d'émeraudes, pour le baiser tous les soirs. Le curé s'émerveillait de ces dispositions, bien que la religion d'Emma, trouvait-il, pût, à force de ferveur, finir par l'hérésie et même l'extravagance. » (II, 12).

Et maintenant, son CP (ROUGE-Pouvoir). Femme dans un monde DQ rigide, centre instinctif très réprimé, tendance au retrait (aile 5), Emma réagit mollement, puis cède aux manœuvres de ses amants et de l'usurier, et ne répond pas à la lettre veule de son amant Rodolphe. Au lieu de s'affirmer face à sa belle-mère, elle vit sa contrepassion. Bref, Emma manque d'assertivité. Sous l'emprise de son monde émotionnel tourné vers l'intérieur, elle exerce peu de pouvoir sur le monde extérieur. Elle n'exprime aucun CP sain, mais un CP malsain est là : ego excessif et priorité à son propre plaisir, impulsivité, caprices, oubli des besoins de sa fille, culpabilité réprimée. « Emmène-moi ! Enlève-moi !.… Oh ! Je t'en supplie ! » (II, 12) crie Emma à son amant, sans avoir pensé à sa fille, toute petite. À cette époque de sa vie, un DP pathogène domine chez elle, tandis que son amant, centré en DR, désarçonné par ce DP, calcule, machiavélique. Ce DP est aussi exacerbé par les profondes blessures des trois instincts : intrépidité (cf. la supplique ci-dessus), honte CP, et agressivité menant à la haine. Enfin, un autre trait CP jouera un rôle fatal : Emma n'a pas peur de la mort. « Dans un transport d'héroïsme qui la rendait presque joyeuse, elle descendit la côte en courant. » (naissance de l'idée de se suicider) (III, 8).

Donc peu de traces de BO et de CP sains : seulement un DP pathogène. Alors DQ sauvera-t-il Emma ? Mais avant de parler du DQ d'Emma, j'aimerais vous donner une petite image rafraîchissante de l'océan DQ (BLEU) dans lequel Emma baignait. DQ est dominant à la campagne. Il résiste à l'émergence de ER. À Yonville, lors des comices agricoles, pendant une distribution solennelle de prix à des éleveurs, un notable remet en public une récompense « immédiate » à une servante de ferme. Mais la servante lui préfère la récompense « future » de DQ : « [Le notable] : “— À Catherine-Nicaise […], pour cinquante-quatre ans de service dans la même ferme, une médaille d'argent — du prix de vingt-cinq francs !” […] Quand [la servante] eut sa médaille, elle la considéra. Alors un sourire de béatitude se répandit sur sa figure, et on l'entendit qui marmottait en s'en allant : “— Je la donnerai au curé de chez nous, pour qu'il me dise des messes.” » (II, 8). Entre parenthèses, la description physique que Flaubert a faite d'elle avant cette scène, m'a très ému. Un joyau muché dans une fête rurale cocasse.

Comment est le DQ (BLEU-Ordre) d'Emma ? Le laisser-aller du père d'Emma ne me fait pas penser à la discipline DQ. Il l'envoie au couvent. Vulnérables, car jeunes et coupées de la réalité, les pensionnaires du couvent dévorent clandestinement des livres romanesques qui, au lieu de donner envie de sacrifier le soi, l'expriment (DR). Chez elles, les valeurs DQ ne sont que valeurs de surface. De plus, pour Emma, DQ n'est pas facile. En effet, il impose un sacrifice du soi. Ce sacrifice nécessite un niveau d'intégration qu'elle n'atteindra pas. La discipline demande un minimum de centre instinctif. Et résister à l'envie d'une vie exaltante — incompatible avec le DQ ambiant, religieux et provincial — demande un fonctionnement correct du centre émotionnel : je ne recherche pas particulièrement certaines émotions. D'abord au couvent, puis plus tard, dans sa vie conjugale, Emma finira par s'insurger contre ce DQ, antagoniste de l'expression du soi romantique. Ainsi, au couvent : « Cet esprit […] qui avait aimé l'église pour ses fleurs, la musique pour les paroles des romances, et la littérature pour ses excitations passionnelles, s'insurgeait devant les mystères de la foi, de même qu'elle s'irritait davantage contre la discipline, qui était quelque chose d'antipathique à sa constitution. » (I, 6) Son suicide lui permettra de devancer l'opprobre de DQ.

À de rares moments, Emma manifeste la charité et la moralité de DQ. Ces moments sont brefs. Brefs, à cause de son avarice de soi (aile 5) et parce que sa pratique de la charité n'est motivée, ni par une morale DQ, ni par une éthique personnelle : « Elle enveloppait tout maintenant d'une telle indifférence, elle avait des paroles si affectueuses et des regards si hautains, des façons si diverses, que l'on ne distinguait plus l'égoïsme de la charité, ni la corruption de la vertu. » (II, 14).

Donc Emma rejette DQ (sauf la civilité et la charité occasionnelle et ambiguë). Adoptera-t-elle ER (ORANGE-Matérialisme) ? Sans accès à son centre intuitif, Emma, naïve, fragile, devient victime des pires aspects de ER : l'opportunisme et le machiavélisme de ses amants, bien cachés par une valeur de surface, l'amour. Par ailleurs, l'opération chirurgicale du valet Hippolyte, opération novatrice et risquée, échoue. Elle était motivée par l'attrait d'un succès : acquérir de l'influence et un « statut social obtenu par soi-même ». Attrait caché par deux valeurs de surface : le progrès médical et alléger la prétendue souffrance d'Hippolyte… Mais Hippolyte ne souffrait pas de sa malformation ! À la suite de cette opération, Emma, au lieu d'exprimer de la compassion pour Hippolyte, exacerbe sa haine pour Charles ! Son manque de BO et de DQ ne favorise pas l'expression de son empathie, profondément étouffée par sa souffrance égotique extrême. Elle finit quand même par manifester une charité DQ envers Hippolyte. Mais parce qu'elle n'accède pas à son centre intuitif, cette charité s'avère incongrue (elle lui offre une jambe de bois qu'il n'utilisera pas, car trop luxueuse). Les aspects positifs de ER (rationalité, idéal de progrès, optimisme) ne compensent pas ces aspects négatifs. D'autant plus qu'un même homme incarne à la fois des aspects positifs et négatifs : Homais, l'apothicaire. Emma préfère les passions à l'intérêt et aux calculs ER. « Un infini de passions peut tenir dans une minute, comme une foule dans un petit espace. Emma vivait tout occupée des siennes, et ne s'inquiétait pas plus de l'argent qu'une archiduchesse. » (III, 6). Bref, hormis l'expression du soi romantique, je n'ai guère trouvé de signes d'attirance pour ER.

Voici donc un éventail simplifié d'Emma, i.e. seulement les aspects des vMèmes les plus prégnants. La plupart de ces aspects sont exacerbés par la recherche et l'amplification d'émotions, source de désintégration.

vMèmes Aspects
positifs des
vMèmes
Aspects
négatifs des
vMèmes

Sources de danger pour Emma

AN ? ? Centre de la survie trop réprimé
BO / / Aucun lien sécurisant (famille, tradition…)
Mysticisme psychotique de compensation
CP / Égocentrisme
Impulsivité, intrépidité
Honte attisant la haine
Non-peur de la mort
Impulsivité, intrépidité
Isolement psychique
Fragilité face à ses amants ER
DQ Charité (ambiguë) / Isolement psychique et spirituel
Aggravation du sentiment d'opprobre
ER / Lectures romanesques aggravant l'introjection et l'envie Déconnexion de la réalité

En dissonance avec DQ, pas attirée par ER, Emma se désintégrera inexorablement et dégringolera la Spirale, de vMème en vMème : DP, DO, DN.

Pour résumer, malgré l'amour de son père et de son mari, l'équilibrage de ses trois centres est rendu difficile par l'insuffisance de réciprocité et de partage BO et de moralité DQ. Les trois centres restent en permanence dans un déséquilibre extrême. Emma ne se libère pas de ses automatismes, sauf lors de son épiphanie (preuve que l'essence est toujours là). Changer de niveau d'existence ne l'aide pas, car tous les niveaux lui sont pathogènes. Elle ne s'adaptera pas à ses conditions de vie. S'en éloignera. Se coupera de la réalité. Puis de la vie.

Conclusion

Une page du manuscrit de Madame Bovary

Lors de ma première lecture de ce roman, j'avais éprouvé de l'antipathie pour Emma. Aujourd'hui, après cette deuxième lecture, éclairée par les stages Ennéagramme et Spirale Dynamique, je ressens de la compassion. Et pour son créateur, Flaubert, de l'émerveillement.