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Cop Land
Analyse

Freddy Heflin (Sylvester Stallone) : 9

Du point de vue de l'Ennéagramme, Freddy est le seul personnage véritablement intéressant du film. Il illustre parfaitement les différentes caractéristiques d'un 9 très désintégré, par l'histoire, ses paroles et ses actes certes, mais au moins autant par son attitude et toute sa communication non-verbale, la prestation de Sylvester Stallone étant en ce domaine remarquable.

Faute d'avoir pu entrer dans la police de New York, Freddy est le shérif de Garrison, ville presque uniquement peuplée de flics ripoux sous la conduite implacable de Ray Donlan. Plutôt que d'affronter le problème, il se contente de traquer les excès de vitesse (quand ils sont commis par des étrangers à la ville), de séparer les gamins qui se bagarrent, de retrouver et rapporter aux enfants leurs jouets égarés. Ainsi, il évite tout conflit avec la mafia locale.

Les flics de Garrison méprisent Freddy. Dès que quelque chose se passe, leur attitude est la même : "Rentre chez toi, Freddy." Ils ne manquent pas une occasion de lui faire comprendre qu'il ne compte pas, qu'il n'a pas le droit d'avoir une opinion sur ce qui se passe, bref qu'il n'existe pas :

  Ray : Rentre chez toi, Freddy et surtout évite de trop penser.
  Freddy : Je peux pas, Ray.
  Ray : Rentre chez toi. Rentre à la maison.

Face à toutes ces avanies, Freddy ne réagit pas. Il se contente de sourire à ses interlocuteurs, même si son regard se voile quand il se détourne. Quand c'est Liz, la femme qu'il aime, qui exprime l'opinion générale sur lui, Freddy est tout aussi compréhensif :

  Liz : C'est pas qu'il ait une piètre opinion de la police locale, mais…
  Freddy : Je fais le nécessaire. Il a d'autres chats à fouetter à Manhattan.

Pour éviter de s'occuper de tout cela, Freddy se consacre à des activités sans grande importance. Il dort pendant que Cindy, son adjointe, contrôle les excès de vitesse. Il boit un peu trop le soir au bar, il joue au flipper, un peu trop là aussi, quitte à "emprunter" l'argent des parcmètres pour faire une partie supplémentaire.

Freddy est conscient qu'il ne dirige plus sa vie, qu'il est totalement endormi, sous l'emprise de sa compulsion et qu'il ne peut plus rien faire pour y échapper. Il déclare à Gary Figgis : "Tu sais, si je voyais Liz en train de couler dans une voiture, si je voyais cela aujourd'hui, je plongerai pas. Je resterai planté là et je réfléchirai. Alors que c'est la meilleure chose que j'ai faite de ma vie." Dans la situation psychologique où il se trouve, plus rien n'a d'importance :

  Gary : Quand je pense que ce connard est dans la police. Quel effet ça te fait, Freddy ?
  Freddy : Bof. Ça m'est égal.
  Gary : Tu marines dans ton jus, toi.

Freddy manifeste aussi certains des aspects positifs du 9. Il est extraordinairement gentil, attentif au monde qui l'entoure, aux autres et à ce qu'il peut faire pour eux :

  Freddy : Liz, je peux parler à Joey, si tu veux.
  Liz : Pourquoi ? C'est pas toi qui es marié avec lui.
  Freddy : Non, mais je suis ton ami.

Freddy fait confiance aux gens. C'est à la fois gentillesse et moyen d'éviter les conflits :

  Rose : Et si je te disais que je ne sais pas d'où elle sort cette poubelle ?
  Freddy : Je te croirais sur parole.
    […]
  Freddy : Je te crois toujours quand tu me dis quelque chose. C'est toi qui as balancé ce sac ou non ?

Même quand il a décidé de retrouver Murray, il tente une dernière solution de médiation avec Ray : "On doit pouvoir trouver une solution acceptable pour tout le monde. Je suis sûr. Il n'y a pas de raison. On n'a qu'à aller demain tous ensemble." Plus tard, quand Cindy et son autre adjoint le laissent seul affronter Ray et sa bande, il ne manifeste ni amertume, ni colère mais au contraire acceptation et amitié.

Freddy illustre bien le fait que le 9 préfère et réprime en même temps le centre instinctif : sa passivité n'est ni un manque de courage, ni une absence de volonté. Freddy est capable de décider et d'agir vite comme quand il a sauvé Liz de la noyade, au péril de sa propre vie et qu'il en est ressorti sourd, "d'une oreille !" C'est cette infirmité qui l'empêche de devenir policier à New York comme il le rêve. Quand quelque chose lui semble important, il le fait même face à une opposition :

  Joey : Freddy, rentre chez toi. [ …]
  Freddy : Ça t'embête pas que je dise un mot à Liz.
  Joey : Si, ça m'embête.
  Freddy : [Il se dirige sans un mot vers la porte de la maison de Liz.]
  Joey : J'ai dit que ça m'embêtait, Freddy.
  Freddy : [Il continue son chemin, toujours silencieux.]

Moe Tilden, le policier qui enquête sur la collusion entre les flics de Garrison et la mafia, ne s'y trompe pas : "Je vois quelqu'un qui ne demande qu'à agir."

Évidemment, tout cela ne peut que provoquer chez Freddy une immense colère intérieure dont il n'est même pas conscient, mais qui est évidente pour les autres. Gary lui conseille de s'y connecter : "Purge-toi. Laisse-toi aller. Il faut que ça sorte tout cela." Comme souvent chez un 9, la colère va être déclenchée par un détail pas réellement plus grave que les précédents, une remarque de Ray : "Mon pauvre vieux, mais pour qui tu te prends ?"

Identification avancée : Freddy est un 9 μ à aile 8 de sous-type conservation ("Appétit").

Murray Babitch (Michael Rapaport) : ?

Les étudiants de l'Institut Français de l'Ennéagramme® peuvent accéder à une analyse détaillée de ce personnage.

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