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Rien en commun
Analyse

Rien en commun : David BasnerDavid Basner (Tom Hanks) : 7

Dès le prégénérique, nous savons que David aime profiter des plaisirs de l'existence. Dans le vol qui le ramène à Chicago après ses vacances, il est en train de lutiner, voire un peu plus, une hôtesse de l'air – "C'est quoi là ? Ça fonctionne comment ?" –, opération qui est interrompue par la traversée d'une zone de turbulences. Comme le passager du siège qui est devant lui se retourne et le regarde avec indignation, il justifie la situation : "Je prends souvent ce vol, alors j'ai un petit bonus."

Après le débarquement, il se change dans sa voiture et arrive à son travail où il enchaîne les plaisanteries avec chaque personne qu'il croise : "Il existe vraiment cet État. C'est pas vrai, je croyais que c'était un nom d'aromate pour les pizzas.", "Enfin des mecs qui se tuent au boulot.", "Quel talent, ces petites chattes. Je suis revenu, ça vous fait plaisir ?", "Doris, je t'ai manqué ? Oui, bien sûr." Au passage, il repère une femme assise dans la salle d'attente :

  David : Cette dame qui remplit le questionnaire, c'est pour travailler ici ?
  Polly : Mais oui, elle…
  David : [Il l'interrompt et apostrophe la candidate.] Renoncez-y, Madame. Fuyez. Derrière ces portes, c'est l'enfer. [Kathy entre dans la salle] Vous êtes la plus belle, Kathy. Mais dites la vérité à cette pauvre femme. L'agence de pub BG & L, c'est le bordel.

Il blague avec ses collègues sur le licenciement de Clemens qui "était un sale con. […] Il paraît qu'il planquait des montagnes de dope dans son petit cagibi." Bien sûr, il propose à ses collègues féminins de leur montrer son bronzage. Promu, il a un nouveau bureau avec une fenêtre : "Chic, s'il y a des accidents, je serai aux premières loges."

David a ramené une babiole à une des secrétaires qu'on verra pendant tout le film afficher un air triste face à ses plaisanteries : "Je vous apporte un cadeau, un souvenir des Bahamas. Et pourquoi ? Parce que je suis votre groupie, vous êtes la plus marrante." Jusqu'au générique de fin, sa retenue en fait une cible de choix pour les taquineries de David. Par exemple, il passe avec des collègues et lui enlève le bureau sur lequel elle était en train de travailler : "Écoutez, c'est marrant. Ici, vous avez pas osé rire, c'est le bureau, d'accord, mais en rentrant, dans les embouteillages, je parie que vous allez vous pisser dessus." Ce n'est que quand David déprimera qu'on apprendra qu'elle apprécie son attitude :

  Secrétaire triste : Vous ne me faites plus jamais de blague, Monsieur Basner.
  David : Ça vous faisait rigoler ?
  Secrétaire triste : Ouais.
  David : Moi aussi.

Lorsqu'il assiste à l'accouplement des chevaux dans l'écurie d'Andrew, David déclare : "Moi, j'exigerais des lumières tamisées. […] Et après, il se passe quoi ? Ils prennent un verre et une cigarette." Ce besoin de plaisanter est là, indépendamment de son ressenti réel. Quand, ivre et dépressif, il va chez Donna en plein milieu de la nuit et qu'elle lui dit "Attends et sois calme. Reste assis ! Bouge pas !", il tire la langue et halète comme un chien. Lorsqu'il vient chercher son père à l'hôpital, il dit à l'infirmière qu'il a "tout signé et [que] tout est payé", puis il lui demande : "À propos, vous êtes à la commission ?"

Les messages de son répondeur téléphonique sont aussi l'occasion pour David de monter sa gaieté ou de faire des canulars : "Salut, vous avez enfin trouvé David Basner. Je cherche des nouvelles voix pour les pubs radio, alors tentez votre chance de passer une audition minute. Vous me dites votre nom et votre numéro. Vous y êtes ? Moteur !" Andrew en sera la victime : "Bonjour, ici David Basner. [Silence permettant à l'interlocuteur de parler] Voilà. Attendez, attendez, il y a de la friture sur la ligne, j'entends très mal, vous pouvez parler plus fort. [Silence permettant à l'interlocuteur de parler] Attendez, j'entends rien, je vous dis. Vous pouvez parler plus près s'il vous plaît. [Silence permettant à l'interlocuteur de parler] Oh, ça va ! C'est pas la peine de hurler. En fait, c'est pas à moi que vous parlez, c'est à mon répondeur. Alors c'est pas en gueulant comme ça que ça fera arriver le bip plus vite. Alors, on se calme, on attend le bip et merci de votre appel."

Ses pitreries rendent David populaire, même si – émotionnel réprimé oblige – elles sont parfois un peu agressives. C'est le cas du deuxième message de répondeur ci-dessus. Dans un pub, un ami lui présente deux filles qu'il est en train de draguer, Sheila et Louise ; David rétorque : "Ça va ta femme ? Tu as perdu ton alliance." Quand il reçoit des stagiaires à l'agence, il leur dit qu'ils pourraient "finir comme Monsieur Yaka", petite marionnette de papier à qui on vient de couper la tête ; "David adore plaisanter", se croit obliger de préciser Ted devant l'air abasourdi de son auditoire.

Clownerie et rationalisation peuvent aller de pair :

  Donna : Quelle surprise de te voir ici, ou ailleurs du reste !
  David : J'ai oublié quelque chose ?
  Donna : Tu avais promis que tu viendrais voir ma pièce, tu ne te rappelles pas ? Mais pourquoi est-ce que tu ne veux pas admettre que le théâtre expérimental t'ennuie ?
  David : Non, non, c'est pas vrai. J'adore ça. Moi aussi, j'expérimente un truc. Je voulais voir si je saurais apprécier une soirée au théâtre…
  David et Donna
en chœur :
… sans être obligé de venir au théâtre.

Quand il y a un problème, la première réaction de David est de dédramatiser ; la seconde est de tenter d'y échapper :

  Max : Trente-six ans de mariage, et elle me laisse tomber. Elle a pris ses fringues, elle a pris ses casseroles, ses assiettes, le mixer, et voilà. Il est minuit, et je suis tout seul chez moi avec un vieux steak haché dans du papier aluminium.
  David : Écoute, écoute Papa, c'est… C'est un malentendu. Ça…
  Max : Non, c'est pas un malentendu. Quand il y a un simple malentendu, tu pars avec ta brosse à dents, pas avec le mixer.
  David : Bon, écoute. Euh, là, je suis… Je suis en plein milieu… Est-ce que je peux te rappeler ?
  Max : [Il raccroche.]

David veut amuser la galerie, mais il s'agit surtout de s'amuser lui-même. Ce centrage sur soi est évident à tous. Même si cette phrase est à double sens — nous y reviendrons —, Cheryl lui dit : "Tu vois en moi quelque chose qui te plaît beaucoup. Tu te vois toi." David en est parfaitement conscient. À une fille d'un soir qui lui demande s'il a "quelqu'un dans sa vie", il répond : "Oui, non, enfin… J'ai moi. Ça compte ça. Quand je me vois, je suis… [Il est interrompu par la sonnerie du téléphone.]" Bien entendu, il attribue à cette attitude des côtés positifs :

  David : Je t'ai pas dit le scénario que j'avais inventé. Voilà. Je m'en allais, je devenais très riche, je m'installais dans un grand manoir, et mes parents venaient me voir une seule fois, et ils me disaient : « Oh, quelle jolie maison ! On t'aime beaucoup, David. » Je répondais : « Oh, je vous aime aussi. » Bon, alors, là dessus, ils s'en allaient et ils mouraient.
  Donna : [Elle le regarde, silencieuse.]
  David : Ça veut dire que je suis dégueulasse ?
  Donna : Frank, le con que j'avais épousé, lui, c'était un vrai dégueulasse. Toi, tu es…
  David : [Il l'interrompt.] … infantile, immature, égoïste. Oui, je suis tout ça, mais tu sais combien de fric ça rapporte de fonctionner comme ça dans sa tête ?
  Donna : [Elle le prend par la main.] Oui, je sais. Sur le plan financier, grandir, c'est une grave erreur.

David est fier de sa réussite professionnelle. Au début de sa carrière, il "grattait comme grouillot" au service courrier, et il est devenu un publicitaire dont la créativité est reconnue. Il affiche une forte confiance en soi, avec les femmes qu'il drague ou comme quand il dit à Charlie qu'il veut devenir associé de l'agence :

  Charlie : David, je sais qu'il y a au moins deux autres agences qui t'ont fait des propositions. Tu les envoies sur les roses, ou je te fous par la fenêtre de ton beau bureau de rêve.
  David : Oh, Charlie, ils n'ont pas l'intention de me prendre comme partenaires, eux. Pourquoi je te lâcherais ?
  Charlie : Partenaire ? Boyle, Gargas, Lionel et Basner ?
  David : Comme John, Paul, George et Ringo.
  Charlie : Tu te mouches pas du pied.
  David : Non, disons que je suis plutôt capable.
  Charlie : Ah oui, oui, t'as le don de faire de jolis jingles de pub, mais c'est un commerce ici. On a besoin de nouveaux clients.
  David : Ah oui ? Alors, bouge pas.

En réalité, en accord avec la dichotomie du 7, il a moins confiance en lui que cela : "Ce qui est marrant, c'est qu'on nous prend pour des mecs très sûrs. C'est un gag, ça, non ?", dit Roger, le réalisateur des films publicitaires. Même s'il y a une part d'attitude purement commerciale, on sent la problématique de la peur du monde extérieur face à Andrew qu'il ne se risque jamais à contredire. Par exemple, ici au restaurant :

  Andrew : On prend juste un verre.
  David : Ah oui. [Andrew appelle le serveur.] Donnez-moi un vermouth-soda, je vous prie.
  Andrew : Quand je dis un verre, c'est un vrai verre.
  David : Donnez-moi une vodka on the rocks, je vous prie.

Ou dans la résidence secondaire des Woolridge :

  David : Comment ça « Il me les prépare » ? Mais j'en veux pas. Je ne me vois pas en train de me coltiner des cadavres de canard dans l'avion, moi.
  Andrew : [Il arrive avec un grand sourire en tenant une gibecière contenant les canards.] David, tenez, voilà ce petit cadeau pour rendre jaloux vos petits copains de la ville.
  David : Oh ouaouh ! Merci ! Oh génial ! Génial ! Vous savez, Monsieur Woolridge, cette ferme, c'est vraiment magnifique. J'adore, j'adore vos canards […].

Comme nombre de 7, mais peut-être de façon un peu plus excessive ("ils s'en allaient et ils mouraient"), David adhère à l'adage selon lequel on choisit ses amis, mais pas sa famille. Et un 7, cela préfère avoir le choix ! Il voyait donc ses parents le moins possible :

  Lorraine : Tu me racontais tes petites histoires enfantines, et puis voilà, tu te sauvais. Et puis tu es parti. Bon, ensuite, tu ne revenais pas très souvent. Ah si, pour Noël… Et un petit bouquet pour mon anniversaire.
  David : Des roses baccarat.
  Lorraine : Et un coup de téléphone pour la fête des Mères.
  David : Une fois, je t'ai appelé de Tahiti.

Il évitait d'ailleurs même d'en parler : "Je bosse avec toi depuis trois ans et je ne sais même pas si tu as des parents.", lui dit Jenny, sa secrétaire.

Autant dire que devoir s'occuper de sa mère et de son père qui se débrouillent assez mal seuls, le dernier étant en plus malade et au chômage, est une source de stress importante : "J'ai l'impression d'être une nounou au pair." Cela provoque dans un premier temps une désintégration forte : il boit, cesse de plaisanter au travail, engueule ses collègues. Dans un deuxième temps, quand il découvre la gravité de la maladie de son père, David cesse de chercher lequel de ses parents est responsable de leur séparation, et il essaye de reconstruire un lien avec son père : "Je voudrais le connaître un peu et, j'en sais rien, apprendre peut-être à me connaître aussi."

Il prend alors conscience de sa puissance personnelle – "Tu vois en moi quelque chose qui te plaît beaucoup. Tu te vois toi.", lui avait dit Cheryl – et il affronte Andrew auquel il n'avait jamais osé s'opposer :

  Andrew : Vous avez juste une heure. Faites votre valise et retrouvez-moi à l'aéroport. On a la présentation finale à New York cet après-midi.
  David : Ah oui, fallait que ça se passe aujourd'hui. Pardon, Monsieur Woolridge, je peux pas y aller.
  Andrew : Quoi ?
  David : Partez sans moi. Mon père est malade.
  Andrew : Ben, faut le mettre à l'hôpital.
  David : Il y est mais on l'opère, et je tiens à rester près de lui.
  Andrew : Pourquoi ?
  David : Pourquoi ?
  Andrew : Je viens de vous dire qu'on a un meeting à New York.
  David : Vous l'avez dit deux fois, et je vous redis « Pas question ».
    […]
  Andrew : Écoutez, je plaisante plus. Ça commence à m'énerver. Si vous voulez avoir ce budget [Il frappe le bras de David.], il va falloir vous magner le cul. Votre valise est prête ? Alors, je vais compter. Un, deux, trois…
  David : Nom de Dieu !
  Andrew : Quatre…
  David : C'est pas un gag. Oui, il compte.
  Andrew : Cinq, six, sept…
  David : On est au XXe siècle, Monsieur Woolridge, je ne suis pas un cul-terreux…
  Andrew : Huit, neuf…
  David : … qui bosse pour le seigneur. Dix ! Écoutez, J'ai fait tout le boulot, non ? Alors prenez le projet et faites-en ce que vous voulez, mais pour la cinquième fois, je vous dis que je n'irai pas à New York ni ailleurs et si vous posez encore une fois un doigt sur moi, je vous casse en deux, pauvre con !

David devient aussi capable de s'engager dans une vraie relation avec Donna, même s'il lui reste des progrès à faire quant à l'expression des émotions :

  David : Tu sais que tu es la seule petite amie que mes parents supportaient ?
  Donna : Dis plutôt que je suis la seule petite amie que tes parents aient vue de près.
  David : On est confortable. [Long silence. Il lui tend la main qu'elle prend.] Oui, très très confortable.
  Donna : [Long silence.] Je trouve aussi.

Identification avancée : David est un 7 α à aile 8. Les instincts de conservation (Clan : "On est une équipe", "J'ai un cadeau pour vous tous, mes petits camarades") social (Sacrifice) et sexuel (Imagination : "Tu as une fille avec toi ? Est-ce que tu la connais au moins ?", lui assène son père) sont tout trois bien visibles.

Rien en commun : Max BasnerMax Basner (Jackie Gleason) : ?

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Rien en commun : Andrew WoolridgeAndrew Woolridge (Barry Corbin) : ?

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Rien en commun : Cheryl Ann WayneCheryl Ann Wayne (Sela Ward) : ?

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Rien en commun : Charlie GargasCharlie Gargas (Hector Elizondo) : ?

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Rien en commun : Donna Mildres MartinDonna Mildred Martin (Bess Armstrong) : ?

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