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Analyse

Tout de suite maintenant : Nora SatorNora Sator (Agathe Bonitzer) : 8

Dès sa première apparition, Nora montre sa répression du centre émotionnel, qui va même jusqu’à une incapacité relationnelle, en cherchant à se rendre à son rendez-vous avec un des associés d’AB Phi :

  Nora : Excusez-moi. Le bureau de Monsieur Prévôt-Parédès.
  Flore : Bonjour.
  Nora : Bonjour. Pardon, bonjour. Nora.
  Flore : Ah, c’est toi. Moi, c’est Flore. C’est à l’étage.

Ce n’est pas uniquement parce qu’elle est pressée d’arriver à son rendez-vous avec Prévôt-Parédès. Plus tard, elle va occuper le bureau de Zeligmann et ne pense même pas à s’enquérir du nom de son assistante :

  Samia : Je vous fais un café ?
  Nora : Je veux bien, merci.
  Samia : Au fait, moi, c’est Samia.
  Nora : Merci, Samia. Sans sucre.

Effectivement, les relations humaines avec Nora, c’est sans sucre… Elle déclare à Prévôt-Parédès qu’une vie affective “n’est pas dans ses priorités”. Elle n’hésite pas à pratiquer une agressivité physique : quand, dans le train, elle veut parler à Xavier qui dort, elle le réveille d’un coup de pied ; plus tard, quand il essaye de la convaincre de ne pas rompre avec lui et se fait un peu pressant, Nora lui assène une gifle.

D’ailleurs, en parlant de Maya, son père lui dit : “De vous deux, c’est elle qui a du cœur.”

Quand elle a une question ou un problème, Nora réagit immédiatement, et son style de communication est impératif (“Rappelle Tina. […] Mais rappelle-la maintenant. Et excuse-toi. Platement.”) et direct.

Par exemple, elle apprend de Prévôt-Parédès qu’Arnaud Barsac connaissait son père. À peine cet entretien terminé, elle l’interroge frontalement à ce sujet :

  Nora : Vous avez connu mon père ?
  Arnaud : Oui. Il était très brillant. Je l’admirais beaucoup. Il avait pour moi un profond… Mépris. On a fini par le lui rendre.

De même, au restaurant où Arnaud l’a invité, elle cherche à approfondir :

  Nora : Qu’est-ce qu’il vous a fait ?
  Arnaud : Quoi ?
  Nora : Mon père, qu’est-ce qu’il vous a fait ?
  Arnaud : J’ai dit qu’il m’avait fait quelque chose ? Je ne crois pas l’avoir dit. Disons que nous n’avons pas réussi à devenir amis. Voilà tout. Je ne dis pas de mal, je ne regrette jamais rien, c’est une perte d’énergie. J’espère au moins qu’il est fier de vous ?
  Nora : Je sais pas.
  Arnaud : Moi je suis fier de vous. C’est un très joli coup que vous avez réussi. Si j’avais une fille, j’aimerais bien qu’elle soit comme vous.

Lorsque Solveig la raccompagne en voiture après la nuit qu’elle a passée chez Arnaud pour préparer “un prévisionnel d’activité qu’il doit présenter aux aurores”, elle réagit immédiatement aux propos malveillants concernant son père :

  Solveig : Alors vous êtes la fille de Serge. Il est toujours aussi mal rasé ?
  Nora : La plupart du temps.
  Solveig : Pour faire jeune. À l’époque, ça faisait surtout sale. Il s’habillait avec des loques, des trucs horribles… C’était affreux. [Silence.] Il est toujours aussi chiant ? [Silence.] C’est un con, votre père. C’est un mec intelligent, mais c’est un con.
  Nora : Et pourquoi vous me dites ça ?
  Solveig : [Elle fait une moue.] Il peut avoir changé.
  Nora : Il ne s’agit pas de lui. Qu’est-ce qui vous permet de penser que vous pouvez me parler comme ça à moi ? Laissez-moi là.
  Solveig : J’arrête de parler.
  Nora : Non, mais laissez-moi là s’il vous plaît. [Elle descend de voiture.]

Elle exige des explications de Prévôt-Parédès qui se parle à lui même et évoque son père :

  Prévôt-Parédès : [Il se retourne et quitte le bureau. À voix basse.] C’est bien la fille d’Étalingure, celle-là.
  Nora : [Elle lui court après.] Comment vous m’avez appelée ?
  Prévôt-Parédès : Je ne vous ai pas appelée.
  Nora : Vous avez dit “La fille…”.
  Prévôt-Parédès : Non, vous avez mal entendu.
  Nora : J’ai parfaitement entendu.“La fille d’Étalingure.” Qu’est ce que ça veut dire “La fille d’Étalingure” ?
  Prévôt-Parédès : Vous êtes agressive, mais ça veut rien dire du tout. [Il s’en va.]

Nora ne supporte pas que Xavier s’exprime par sous-entendu :

  Nora : Vous avez fait la fête ?
  Xavier : Oui, ça se peut. Vous devriez essayer aussi de temps en temps. Enfin peut-être que pour vous, la fête, c’est pas ça. C’est casser les gens pour les remplacer et aller plus haut.
  Nora : Vous parlez de qui, là ?
  Xavier : De personne.

Aussitôt qu’elle apprend que Xavier est sorti avec sa sœur, elle rompt sans hésiter la relation :

  Xavier : Ça va ? [Ils s’embrassent.]
  Nora : Viens.
  Maya : [Elle est revenue sur ces pas.] Pardon, la curiosité. [À Nora :] Tu l’avais en fait son numéro. [À Xavier :] Et toi, ça t’amuse de te moquer de moi ? Peut-être que ça vous amuse tous les deux.
  Nora : Maya… [Maya s’en va. Elle se retourne vers Xavier.] Tu peux m’expliquer ?
  Xavier : [Gêné.] En fait, la veille de notre voyage, j’ai été boire un verre avec ta sœur à son bar.
  Nora : La fête, c’était avec elle ?
  Xavier : Trois shots de tequila après l’affaire Zeligmann, c’est tout. Rien de moins, rien de plus.
  Nora : Bon, on va arrêter là nous deux.
  Xavier : Nora !
  Nora : Je suis pas assez forte pour ça.
  Xavier : Pour ça quoi ?
  Nora : Commencer une histoire sur des mensonges. Alors on arrête.
  Xavier : Toi aussi, t’as menti.
  Nora : D’accord, alors, on en reste là. On peut parler boulot ? J’ai passé la journée dessus, j’ai les yeux explosés. J’ai fait des vérifications auprès des sociétés de conseil qui ont travaillé avec les Méchain ces cinq dernières années. Et le résultat, tu veux savoir ? C’est qu’on est conflictés. Cette boîte-là, Event Horizon 3000, elle a passé, il y a trois ans, un contrat de consulting pour sept millions avec eux. Maintenant, c’est qui le plus gros actionnaire de la boîte à hauteur de 32,5 % ? [Elle montre sur l’écran de son ordinateur le nom de A. Barsac.]
  Xavier : Non, c’est pas possible.
  Nora : Ben non, c’est pas possible. On peut pas faire ça, on est censés être de purs intermédiaires. Si Van Stratten l’apprend, il est en droit de demander pour qui on travaille, pour lui ou le vendeur ? Conflit d’intérêts gros comme une maison. On sera grillés, discrédités.
  Xavier : Tu as trouvé ça par hasard ?
  Nora : Prévôt-Parédès.
  Xavier : C’est lui qui t’a aiguillé là-dessus ? Mais pourquoi, c’est complètement suicidaire.
  Nora : Va lui demander. [Elle se dirige vers la porte.]
  Xavier : Tu me fous dehors, là. C’est ça ?
  Nora : Je suis en arrêt maladie. C’est sérieux. N’essaye pas de m’appeler.
  Xavier : [Il sort, descend et la rappelle depuis l’interphone.]

Elle réagit aussi violemment avec son père qu’elle est venue voir à l’hôpital :

  Serge : J’espérais avec tes qualités intellectuelles que tu aurais d’autres ambitions dans la vie que faire du fric dans une boîte de finance. Tu m’as déçu sur ce point. Comme sur tous les autres au fond. Que t’aies pas osé en parler, je comprends très bien. Et c’est pas seulement la force morale qui te manque, c’est qu’il y a quelque chose en toi de profondément médiocre. Au fond, t’es pas si intelligente. D’ailleurs l’intelligence… Je connais des tas de gens réputés très intelligents qui, à force de tourner le dos à la vie, ont fini dans l’imbécillité la plus crasse. T’inquiète pas. Je vais pas te demander de le quitter, ce job dont tu es si fière. Je vais pas te mettre au chômage. Je préfère… ne plus te voir.
  Nora : C’est de toi que tu parles. C’est toi qui as tourné le dos à la vie. [Elle prend ses affaires et se dirige vers la porte de la chambre.] Moi, je suis vivante. Et je t’emmerde.

Nora est franche, et la seule fois où elle s’essaye à mentir, elle est maladroite et revient vite à ses manières habituelles :

  Nora : [Elle arrive chez Arnaud.] C’est beau.
  Arnaud : Vous devriez le voir de jour. Enfin, vous le verrez peut-être.
  Nora : Pardon ?
  Arnaud : Ce que je vous demande, ça peut prendre un certain temps.
  Nora : Bon, il est où ce dossier ?
  Arnaud : Dans mon bureau en bas.[Il se dirige vers l’escalier.] Faites pas attention au bordel, je vis comme un hippie.
  Nora : Écoutez, heu… En fait je suis attendue.
  Arnaud : Attendue ?
  Nora : Non, je ne suis pas attendue, mais je ne vais pas en bas.

Quand elle dévoile en réunion le conflit d’intérêts, ce n’est pas pour des raisons morales mais pour assouvir une vengeance :

  Arnaud : J’étais fier de vous. Qu’est-ce que je vous ai fait ?
  Nora : À moi rien. [Elle lui tend le poème écrit par son père à Solveig et qu’il a photocopié et distribué.]

Un peu plus tard, quand Zeligmann lui annonce que “Barsac est out”, que c’est lui qui reprend la direction et qu’il lui propose un poste d’associé, Nora demande si elle peut réfléchir. Il rétorque avec un argument décisif pour un 8 : “Réfléchir, c’est pour les faibles. À ta place, je réfléchirais pas.” Nora accepte même si elle met comme condition la réintégration de Xavier.

Identification avancée : Nora est un 8 α.

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