Institut Français de

l’ennéagramme

À quoi sert tout le reste...

Aller au contenu

Messages recommandés

Posté(e)

Bonjour,

 

Faisant référence à l'article d'Enneagram Monthly >[Note de l'administrateur : Imagination ou incarnation : le dilemme du 4], je crois avoir moi aussi eu longtemps du problème avec mon corps, et aussi avec ma place.

 

Je n'aimais pas mon corps depuis petite : je rêvais d'être un garçon (courant pour un 4 : focaliser sur ce qui serait bien, mais est absent et indisponible).

 

J'avais honte d'être une fille, honte de mon corps, de sa maigreur, honte de mon âge (trop jeune, puis aussi trop vielle par rapport aux enfants qu'on dorlote), honte de n'être qu'étudiante, puis honte d'avoir arrêté les études trop tôt…

 

Honte sans cesse d'une chose et de son contraire.

Bref ! J'ai toujours eu le sentiment qu'à la livraison de mon corps, il devait manquer le mode d'emploi et depuis je n'ai de cesse de le chercher… C'est comme Gepetto avec son Pinocchio, il aurait certainement apprécié d'avoir la notice qui va avec son bambin en bois ! Ça lui aurait évité bien des emmerdes !

J'ai l'impression d'être à la fois Gepetto ET sa création en bois vivante. Je suis à la fois perplexe de me voir fonctionner de travers et à la fois je ne trouve pas de solution pour être plus juste dans ma façon d'être.

 

J'ai donc longtemps regardé les autres faire. J'observais de partout les gens, aux terrasses de café, en classe, à table, dans la rue, à la queue des caisses dans les magasins…

 

Je ne pouvais m'en empêcher. On me parlait et moi je regardais toujours ailleurs, autour, partout. Quand un "phénomène humain" passait, j'observais et écoutais tout (si j'étais près) dans les moindres détails : le ton de la voix, les jeux de regard, les sourires, à quel moment les gens placent leurs mimiques, leurs sourires selon si c'est de la drague, du business, de la tension (…) qui sont en jeu ! Ca m'a même permis de développer un autre sens (le 6e ?) : celui de deviner ce que l'autre pense, commet il structure sa pensée, et des trucs comme ça parfois étonnant.

 

Je parle au passé, mais je fais encore cela et les gens qui me connaissent très bien pensent à me ramener à eux de temps en temps.

 

C'est à la fois un plaisir et une façon d'apprendre le monde, les gens, la vie. Et depuis toute petite : j'ai commencé à l'école avec les maîtresses essentiellement. En fait j'observe tout ce qui est une source de savoir en 3D. Et du coup je ne lisais pas, mais pas du tout ! Au grand damne de ma mère. Et oui ! La lecture n'est qu'en 2D…

 

Enfin bref. Tout cela pour dire qu'à force d'observer les autres "êtres", j'ai beaucoup appris et connais de nombreux rouages et stratégies du genre humain, mais à force on en oublie son corps, on oublie d'"être" et donc prendre sa PLACE est une activité mise au rebut !

 

Cette activité m'a donc aussi desservie en m'évitant de vivre MA PLACE.

 

J'en ressens aujourd'hui, alors que j'ai pris conscience de cela, une immense gêne dans ma vie… J'ai du mal à me sentir à ma place au travail, avec mes amis, aux courses, et suis donc souvent seule parce que c'est le seul moment où je me sens vraiment à ma place.

 

Aujourd'hui ça me bouffe la vie !

 

Comment puis-je acquérir cette capacité qui à l'air si évidente pour la plupart ?

 

Une solution qui m'est venue spontanément ces derniers temps est de répondre aux autres avec force et détermination ce que je pense. Ça marche pas mal, mais ça peut surprendre certains qui n'ont pas l'habitude…

 

Mais ma place bon sang ! Quelle est elle ?

 

Si vous avez des expériences fructueuses à ce sujet, n'hésitez pas à m'en faire part.

 

Amicalement,

Esm (4)

Esméralda – 4 mu aile 3

Fabien Chabreuil
Posté(e)

Bonjour Esméralda,

 

Tu as raison sur le côté extrêmement négatif de la perte de contact avec son corps. Nous sommes des créatures incarnées et tout en nous s'exprime dans et par le corps, que ce soit l'ego ou l'essence. De plus, comme nous le disons dans le stage Essence, le corps ne peut pas faire autrement que vivre dans l'ici et maintenant. Ne pas être attentif à son corps, c'est donc, comme tu le dis, "oublier d'être". De ce point de vue, il est important de s'y reconnecter en étant attentif à chaque fois que possible aux sensations qu'il procure et par une pratique quotidienne des exercices que tu as appris dans le dit stage Essence.

 

La problématique du "être à sa place" peut effectivement avoir un lien avec celle du corps, mais il me semble qu'il faut aussi chercher ailleurs. En effet, je connais de nombreuses personnes ayant un mauvais contact avec leur corps et se sentant pourtant (relativement) à leur place.

 

Je constate que tu parles de ta place avec des expressions très différentes : "prendre sa place", "vivre sa place", "se sentir à sa place". Ces concepts recouvrent des réalités que je ressens comme bien différentes. En effet, je me sens à ma place naturellement, simplement en tant qu'être humain parce que j'existe et je suis ; il peut pourtant arriver que dans certains contextes, je ne me sente pas à ma place et à ce moment-là, selon mon objectif, je me retire et laisse la place ou je prends ma place.

 

Il me semble que pour faire progresser cette discussion, il serait utile que tu définisses ta conception de "ta place" avec plus de précision.

 

Amicalement,

Fabien

Posté(e)

Fabien,

Tout d'abord je te remercie pour ta réponse. Pour moi, c'est "magic" qu'une personne prenne autant de temps pour aider les autres, les éclairer.

C'est rigolo que tu me parles du stage Essence et des techniques qui y sont proposées. Le lendemain de mon message, j'ai complété ce message, mais une mauvaise manip m'a fait perdre mon texte.

J'y expliquais justement que le stage Essence a été pour moi extrêmement utile dans la prise de conscience de mon corps et que j'ai pratiqué systématiquement les exercices de remémoration de soi… tous les jours, mais d'une manière un peu personnalisée, c'est à dire en tout lieu, à toute heure. Je les ai aussi inclus dans ma pratique de la méditation sous une forme plus simple, parce qu'avec l'habitude, la remémoration est instantanée.

Et depuis en effet, je n'ai plus de complexes avec mon corps, je n'ai plus honte de lui, j'ai très rarement honte de moi.

Je rajouterais aussi mon expérience du stage Éveil qui m'a permis lui aussi de me ramener à "l'ici et maintenant" et d'acquérir :

  • une compréhension des états de transe perpétuels,
  • ainsi qu'une porte de sortie aux états de transe liés à mon ego.

Je voulais d'ailleurs ajouter que je trouvais mon premier message un peu négatif et c'est pénible de voir encore ces traces de négativisation de ce que je suis et du travail que j'ai fourni, parce que c'est une preuve de ma difficulté à reconnaître et à me réjouir des efforts que j'ai faits et des résultats que j'ai obtenus grâce à cela (grâce à moi, à ma détermination à évoluer). (Ecrire cela me demande un effort.)

Ce qui est rigolo d'ailleurs, c'est que ce week-end j'ai fait un stage sur le Bouddhisme qui expliquait la méthode de tchenrézi (méditation pour la compassion). Le rigolo de l'histoire, c'est deux choses :
- Il a expliqué que l'ego nous manipulait comme on manipule une marionnette… et son exemple de marionnette ? Pinocchio !
- Et c'est à cette occasion que j'ai pu enfin prendre conscience du travail énorme que m'a permis de faire l'ennéagramme (et la thérapie), car tout ce qu'il expliquait, je le savais déjà pour l'avoir intégré et appliqué (certes, d'une autre façon que celle proposée par la pratique de tchenrézi).

Ce stage m'a donc permis de valider mon travail avec l'ennéagramme et la PNL et de m'émerveiller de mon évolution que j'estimais mal. Ca m'a sorti de ma transe : ce qui est non-atteint et est pour l'instant indisponible, ce qui serait encore mieux mais est inaccessible. (Rien qu'à relire cette phrase, j'ai un poids dans le plexus !)

Mon problème de place a l'air en partie d'être atténué après cela.

Mais tu as raison : mon problème est là, mais pas très clair…
Tu me demandes de définir ma conception de "ma place" et je suis bien embêtée… Je n'y arrive pas avec des mots. Ce sont des sensations qui me viennent en premier lieu, centre émotionnel préféré oblige.

Je crois que j'ai besoin d'un temps de réflexion à ce sujet, parce que tant que je ne sais pas le définir clairement, je ne pourrais pas le voir évoluer.

Merci donc pour ta réponse, je vais m'atteler à éclaircir cela.

Amicalement,
Esm 4

Esméralda – 4 mu aile 3

Posté(e)

Bonsoir Esméralda,

Je te remercie d'avoir ouvert cette discussion sur le corps et notre place dans le monde.

J'ai également suivi les stages Essence et Éveil lors duquel un participant 4 disait ne pas pouvoir ressentir. À l'époque, cela me paraissait particulièrement incompréhensible car je me disais : "Comment un émotionnel peut-il ne pas ressentir ?" Je te remercie donc pour ton témoignage.

Mon histoire de vie a fait que, aujourd'hui, je ne ressens pas mon corps et ma place dans le monde ne me paraît pas si aisée à acquérir.

Alors, histoire de vie, typologie ou peut-être bien les deux ?

Très amicalement,
Irène

Irène (8 alpha, Conservation)

Fabien Chabreuil
Posté(e)

Bonjour Esméralda et Irène,

Tu dis, Irène : "Alors, histoire de vie, typologie ou peut-être bien les deux ?"
Les deux certainement. La plupart des personnes subissant un traumatisme physique ou psychologique fort s'en protègent par la dissociation, c'est à dire en se coupant de leur corps. Souvent, elle se demande aussi quelle place elles avaient qui leur a laissé subir cela et quelle place il leur reste après.

Et puis, il y a aussi une problématique de la place, indépendante de tout traumatisme et qui est l'expression du type.

Comme d'habitude, c'est le travail psychologique qui prime : se libérer des conséquences des traumatismes éventuels avant d'abandonner les mécanismes de son type.

Même si ce n'est pas évident à un niveau conscient, tous les types ont une problématique inconsciente autour de la place et la fierté de l'ego est un moyen de prendre cette place. Pour que cette page puisse rester centrée sur la demande d'Esméralda, peut-être l'une d'entre vous, ou un lecteur de cet échange, pourrait ouvrir une discussion sur ce thème dans la zone "Exploration comparée d'un thème chez tous les types" et y mettre son témoignage.
Irène, si tu désires plutôt explorer en détails ton propre cas et rechercher des solutions, merci d'ouvrir une conversation à cet effet dans la zone "Type 8".

Très amicalement,
Fabien

Posté(e)

Salut à vous,

 

Après mon temps de réflexion, je crois avoir de nouveaux éléments par rapport à mon histoire de place, si forte en ce moment particulier de ma vie de 4 mu.

 

J'ai fait un travail dernièrement sur la sédution que je mettais en oeuvre systématiquement… certainement un moyen efficace de prendre ma place tout en me donnant une certaine contenance (qui vaut ce qu'elle vaut, je vous l'accorde, mais mieux vaut un truc bancal que de vivre l'exlusion des autres ou pire la certitude de mon inadaptation totale. Je vous transmettrai une expérience à ce sujet… terrible.).

 

C'est le coeur du problème : j'ai réglé pour une grande part ce problème de séduction. Et aujourd'hui n'utilisant plus (par choix et après un travail à ce sujet) ce moyen pour prendre ma place, je me trouve sans moyen de remplacement (et c'est tant mieux). Alors je suis peut-être simplement en flottement, un peu perturbée sans ma "canne" (la séduction) qui m'assurait une forme de place…

 

C'est peut-être juste un temps d'adaptation que je suis en train de vivre et qui me donne l'impression de ne pas avoir ma place…

 

Qu'en pense-tu Fabien (puisque tu connais le problème) ?

 

Merci à Irène pour ta réponse… Je crois que le problème de place doit prendre une forme particulière pour chaque type et que notre mécanisme de l'ego en est sa résultante…

 

Je n'ai pas trop de temps… A suivre.

 

Amicalement,

Esm (4)

Esméralda – 4 mu aile 3

Posté(e)

Bonjour Fabien et tous,

Fabien, tu dis : "se libérer des conséquences des traumatismes éventuels avant d'abandonner les mécanismes de son type". Cela est tellement juste que l'inverse me paraît vraiment utopique…

Cela est tellement juste… Appartenant au centre instinctif, j'ai longtemps fait le contraire. En vain, bien sûr !

Très jeune, j'ai vécu une agression sexuelle, qui a duré plusieurs années, par un membre de ma famille et n'ai réalisé que bien des années après (lors d'une thérapie) que cela était bien un viol et non un jeu que j'aurai instauré, comme il me plaisait de le croire… Fille unique, chouchoutée, centre du monde et très certainement que le déni de cet acte me donnait l'impression d'avoir encore plus de pouvoir au sein de ma famille puisque j'avais un allié ! Et cela a perduré…

"Il niera avec force toute limitation, tout besoin émotionnel, toute manifestation de faiblesse ou de souffrance", souligne l'Ennéagramme à propos du 8.

Et ce fut ainsi…

Très amicalement,
Irène

Irène (8 alpha, Conservation)

Fabien Chabreuil
Posté(e)

Bonjour à vous deux,

Irène, tu sais que ton message ne m'apprends rien sur ta vie que je ne savais déjà depuis longtemps. Aussi aujourd'hui, je ne sais pas quelle émotion l'emporte en moi, du chagrin et de la tendresse que je ressens à chaque fois que je pense à ce que tu as vécu ou de la satisfaction et de l'admiration que j'ai à te voir tomber ainsi le masque.

Il y a évidemment plus de vrai courage dans les dix lignes de ton message que dans toutes les années de déni et de démonstration de force qui ont précédé. Le courage et la puissance sont l'orientation du 8 et aujourd'hui, tu vis la forme noble de cette énergie.

Abandonner son mécanisme de défense est toujours difficile et pour les types comme le 8 qui considèrent le monde comme n'étant pas sûr, cela l'est peut-être encore plus. Déposer une arme qui fonctionnait, ce n'est pas simple. C'est un pas, mais c'est un pas de géant.

Je suis certain que tu vas maintenant réussir à mettre ce problème où il doit être, c'est-à-dire dans le passé et que tu vas te retrouver disponible pour ce que tu es et qui est ce qui est important. Cet être-là a tout naturellement sa place.

*-*-*

 

Esméralda, voilà l'occasion de faire, à l'usage de nos lecteurs, un petit cours de PNL. Tout comportement, même s'il est apparemment gênant a une fonction positive, un rôle utile dans notre vie. Enlever le comportement gênant peut devenir une source de problèmes plus grands si on ne trouve pas le moyen de préserver son intention positive. C'est ce qu'on appelle l'écologie d'une situation.

La séduction, si elle était source de graves problèmes dans ta vie, aurait donc été aussi un moyen d'avoir sa place. En ôtant la séduction non appropriée, tu as donc aussi supprimé la place…

Il y a deux solutions. La première est au niveau de l'ego et consiste à trouver d'autres moyens concrets de prendre ta place qui n'auraient pas les inconvénients qu'avait la séduction inappropriée. Le second est au niveau de l'essence et consiste à réaliser qu'avoir sa place est quelque chose qui est donné à tout être et qu'il n'y rien à faire ou à avoir pour cela ; c'est dire, puisque tu connais la PNL, que je te conseille de faire sur ce sujet un (deux, dix, cent) Core Transformation, la merveilleuse technique de Connirae Andreas.

En toute amitié,
Fabien

Posté(e)

Irène,

Fabien vient de t'expliquer que tu es du type 8 et que tu dois t'exprimer sur ce problème de place dans une autre zone et pourtant tu continues…
Et je t'en remercie !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Et c'est peut-être pas par hasard. Ton dernier message viens de me mettre la réalité en face : j'ai eu le même problème, mais je ne marchais pas encore donc pas de vraie mémoire comme dans ton cas. Or en thérapie, c'est ressorti.

En te lisant, ma première réaction a été : "Avec des viols subis sur des années, normal qu'elle ait un problème de place."

Puis j'ai fait le rapprochement subitement avec mon histoire : cela ne s'est produit qu'une fois ; un jeu malencontreux pour cette personne qui, en sortant de la transe hypnotique (voir stage éveil) qui l'a conduit à un tel acte, a dû prendre conscience de sa grossière erreur et vivre avec une forme de culpabilité inavouable toute sa vie.

Et je me demande si ce n'est pas après cela que cette personne m'accordait autant d'attentions, de protection…

J'avais donc au sein de ma famille une place plutôt confortable comparativement à mes aînés… qui exprimaient parfois leur jalousie… Ce qui est paradoxal, après relecture.

La conclusion logique serait : une attitude séductrice malsaine est le seul moyen d'être sauvée, d'avoir une place digne de ce nom et d'être respectée et chouchoutée. Mes aînés, eux, étaient violentés. Viol-hanté, me dirait une amie… Effectivement ce souvenir-fantôme devait rôder sérieusement dans nos rapports familiaux.

Ce thème aurait dû se nommer : corps, place et séduction…

  • corps : centre instinctif
  • place : centre mental (conceptuel)
  • séduction : centre émotionnel

Le viol serait-il responsable d'une blessure dans les trois sous-types simultanément ?

Ainsi font font font les petites marionnettes (que nous sommes)…
Ainsi font font font, trois petits tours (les trois centres) et puis s'en vont… (vivement !)

Bon courage à toi Irène, je compatis pleinement. Je mentalise beaucoup : il le faut pour mon mental réprimé, mais sache que ton message m'a touché en plein coeur et m'a fortement émue.

L'encouragement ? Si on règle ce problème de viol, peut-être retrouverons-nous d'un bloc une bonne utilisation des sous-types… Qu'en penses-tu Fabien ?

Persévérence : perdre ses références (inutiles) afin d'être soi-même ! Voilà la Liberté !

Amicalement,
Esm

Esméralda – 4 mu aile 3

Fabien Chabreuil
Posté(e)

Bonjour Esméralda,

Les mots se répètent peut-être et sont dérisoires, mais en tant que 4, tu sais bien que les émotions se renouvellent et ne s'usent pas. La compassion et l'affection que j'exprimais pour Irène, il y a deux heures, elles sont là intactes pour toi. De même qu'est intacte l'admiration que j'éprouve devant votre volonté de progresser et de sortir dans la lumière.

Bien sûr qu'un viol est "responsable d'une blessure dans les trois sous-types simultanément". Surtout que pour toutes deux, il a été perpétré très jeune et dans le cadre familal. À partir de là, comment se sentir en sécurité (instinct de conservation), comme se sentir à l'aise dans un milieu social alors que la famille est le premier apprentissage de la société (instinct social) et bien sûr comment être au clair avec les relations intimes (instinct sexuel) ?

Dans la littérature américaine, on dit souvent que les jeunes victimes de viols familiaux sont des survivants. Et c'est vrai, ils ont survécu à un cataclysme psychologique de première ampleur et à des blessures qui touchent toutes les parties d'eux-mêmes. Mais ils ont survécu et rien que pour cela, il peuvent être fier de leur force et de leur capacité d'adaptation.

Je ne sais pas si une fois ce problème réglé, les trois instincts se retrouvent totalement guéris. Mais en tout cas, les autres blessures qu'ils ont pu subir semblent relativement bien négligeables et l'essentiel du travail est donc fait.

Très amicalement,
Fabien

Posté(e)

Voilà un message bien touchant, Fabien…

 

Il me fait prendre conscience que pour trouver une place après de telles expériences, ça oblige aussi à être forte, toujours forte, et toujours plus forte… Par déni, par besoin de vivre, de survivre (comme tu le dis) malgré Tout. A trouver aussi des moyens détournés, liés directement à une croyance rattachée à cette expérience : séduire les hommes, plutôt que d'être violée par eux ; au moins le mensonge par consentement permet de garder la face.

 

Tout le monde me dit "oui, mais toi tu es forte"…

 

Histoire de vie ou de typologie, j'ai toujours eu du mal à exprimer mes émotions de tristesse ou à m'apitoyer sur mon sort.

 

Et à ta lecture, l'envie de pleurer, d'être faible, de vivre cette fragilité toujours cachée, cachée toujours plus profondément, niée par défaut… défaut de soi (qui nourrit la sensation cachée d'être inadaptée), croit-on d'abord, mais défaut d'adultes incapable d'entendre, de dire et de s'excuser, en fait, tout simplement.

 

Et non ! Fabien, les mots ne sont pas du tout dérisoires ! Ils ont si rares !

Ils soignent les maux qui font mal tellement ils sont tus !

Ils aident à croire qu'on peut avoir sa place malgré l'innommable. Ils aident à comprendre qui nous sommes en faisant émerger la sensibilité enfouie, partie de soi que l'on tue chaque jour, que l'on baillonne par peur du pire.

 

Ce qui est étrange, c'est que pire pour un 4, serait d'être rejetté par les autres… ce qui, comparativement à une expérience de viol si jeune, paraît, là oui, bien dérisoire…

 

Alors, Fabien et Irène, merci de m'avoir permis de vivre cette fragilité, ces quelques larmes jusque là contenues.

 

Bien à vous,

Esm (4)

Esméralda – 4 mu aile 3

Posté(e)

Bonjour Esméralda, Irène, Fabien,

J'aurais pu écrire ces mots, Esméralda : "séduire les hommes, plutôt que d'être violée par eux ; au moins le mensonge par consentement permet de garder la face." J'ai pleuré quand j'ai lu ce que tu avais écrit. Ça m'a touchée en plein cœur. Vieilles mémoires.

Et je me suis reconnue aussi lorsque tu ne sais plus qui tu es en enlevant ce vieux vêtement de séductrice. Lorsque j'ai cessé de consommer de l'alcool, je ne savais plus comment "être" (mettons-le entre guillemets), comment me tenir, comment marcher, danser, parler. Ce fut horrible. Moi aussi, j'ai beaucoup observé les gens. Je crois que l'envie ne concerne pas que les 4.

Je dois dire que tout cela est derrière moi et que j'en suis heureuse. L'harmonie s'installe. Je suis, simplement.

Irène et Esméralda, je veux vous dire que je suis touchée par vos témoignages. Ils me rejoignent dans mon vécu. Moi aussi, je me suis défendue par la séduction et par le déni. J'ai cru que "j'"étais responsable de ces événements. Une façon d'avoir le contrôle, de demeurer "forte", peut-être.

L'accueil que Fabien vous témoigne me rappelle l'accueil que j'ai reçu sur ce panneau.

Irène, je te trouve touchante dans ton désir de participer, de t'ouvrir et dans ton enthousiasme.

Merci et BRAVO de vous ouvrir ainsi ! Cela aide à guérir. J'en suis la preuve vivante.

Amicalement,
Pierrette

Pierrette – E8

Posté(e)

Bonjour à vous,

Fabien, tes mots ont fait ruisseler sur mes joues quelques larmes d'émotions libératrices que j'ai acceptées en tant que telles… Je t'en remercie et vais m'efforcer de suivre ton conseil.

Esméralda, à mon tour d'être admirative de la force et la volonté farouche qui transparaissent dans ton témoignagne. Lorsque tu évoques la séduction, les hommes et ta place, tu dis "séduire les hommes plutôt que d'être violée par eux" et c'est tellement juste… Je te remercie de m'avoir fait prendre conscience de cette réalité qui était mienne. Aussi, aujourd'hui, après avoir pris conscience que tous ces excès (luxure de 8, très certainement), quel intérêt trouver aux hommes ?
Encore merci et bravo à toi, Esméralda.

Pierrette, quelle belle 8 tu fais. Les témoignages qui ont été tiens m'ont montré que c'est possible et, pour cela, je t'en remercie.

Très amicalement,
Irène

Irène (8 alpha, Conservation)

Fabien Chabreuil
Posté(e)

Bonjour,

Esméralda, tu écris : "Merci de m'avoir permis de vivre cette fragilité, ces quelques larmes jusque là contenues." Et Irène ajoute : "Tes mots ont fait ruisseler sur mes joues quelques larmes d'émotions libératrices que j'ai acceptées en tant que telles."
Y a-t-il pire poison que les larmes que l'on retient ? Notre tristesse est légitime. Notre colère est légitime. Retenir ces émotions, c'est se nier soi-même, c'est s'imposer une nouvelle violence psychologique, c'est quelque part légitimer notre agresseur en disant que ce qu'il a fait n'est pas si grave que cela. Les larmes que vous avez pu verser en lisant les réponses reçues sont normales, et saines, et dignes.

Esméralda, tu écris aussi : "Histoire de vie ou de typologie, j'ai toujours eu du mal à exprimer mes émotions de tristesse ou à m'apitoyer sur mon sort."
Histoire de vie certainement. A l'état naturel, le 4 a plutôt tendance à s'apitoyer sur son sort. C'est sans doute une des raisons pour lesquelles tu as eu un peu de mal à trouver ton type. Ce point illustre la subtilité et la difficulté de l'Ennéagramme : même si tous sont des 4, il n'y a pas un 4, mais autant de 4 qu'il y a de 4. (Si cette phrase ne crée pas de confusion, je renonce à cette technique de communication ! :laugh: ) Ce que tu as subi t'empêche de vivre une des manifestations fréquentes du 4 (s'apitoyer sur soi), mais qui n'est qu'un comportement et donc en aucun cas significatif du type. De même, cela a provoqué une certaine forme de dissociation qui pourrait faire croire à une aile 5 là où il n'y en a peut-être pas.

Irène, tu écris : "Quel intérêt trouver aux hommes ?"
Une généralisation est toujours fausse. Dire que tous les hommes sont comme l'a été ton agresseur serait là aussi une victoire pour lui : lui dire que ce qu'il a fait est normal et universel. Ce n'est pas le cas. Il faut le remettre à sa place, c'est tout.
Cela n'empêche pas une certaine prudence. Après un viol et des années de séduction inadaptée, les stratégies de rencontre et de choix d'un partenaire sont le plus souvent inefficaces et doivent être reconstruites.

A vous toutes, toute mon affection et mon amitié,
Fabien

Posté(e)

Bonjour à tous,

Fabien : "Retenir ces émotions, c'est se nier soi-même, c'est s'imposer une nouvelle violence psychologique, c'est quelque part légitimer notre agresseur en disant que ce qu'il a fait n'est pas si grave que cela." Tes paroles mettent un baume sur mon cœur. Merci.

Amicalement,
Pierrette

Pierrette – E8

Posté(e)

Merci Pierrette, Irène et bien sûr Fabien,

 

Moi qui n'osait pas parler de ces choses, et notamment sur ce site, de peur d'être rejetée, donc de ne pas y avoir ma place en me révélant à vous, je viens d'avoir la preuve que c'est bien l'inverse qui se produit !

 

Non seulement j'y ai ma place, je suis accueillie, comprise, mais mon histoire fait écho chez vous aussi. Elle n'est donc pas unique :sad: et l'exprimer permet aux autres, à vous qui vous sentez concerné ou touché, de vous ouvrir aussi à nous, à moi, d'échanger…

 

ET… d'exprimer des émotions sensibles. Merci les 7 & 8. Ce sont les deux types avec qui j'ai le plus peur d'exprimer mes émotions ! :happy: Voilà une belle preuve de l'ampleur de l'ennéagramme ! Et de l'idiotie des a priori sur les types.

 

Que de leçons, que d'émotions…

 

"Retenir ces émotions, c'est se nier soi-même, c'est s'imposer une nouvelle violence psychologique, c'est quelque part légitimer notre agresseur en disant que ce qu'il a fait n'est pas si grave que cela." dis-tu, Fabien, et Pierrette a raison : c'est tellement juste !

 

Et toutes les émotions contenues, que l'on n'ose pas exprimer sont en soi, toutes prêtes à l'emploi, et le premier venu est séduit, et au moindre virage il s'en prend plein la gueule…

 

Alors évidement, quand on cesse cette habitude, on peut se demander comme Irène : "Quel intérêt trouver aux hommes ?"

 

Peut-être que tant que cette question plane, c'est que les hommes sont vus comme le reflet de cet agresseur…

 

Ou bien la guérison transforme notre regard sur les hommes et la question est en fait : quel nouvel intérêt puis-je trouver aux hommes ? Quel nouveau regard puis-je porter sur eux ? (SANS SEDUCTION)

 

Irène, il me semble que l'intérêt est celui du plaisir des rapports humains, des échanges de tous ordres, de l'amitié ou de la curiosité de l'autre, dans sa différence et dans ses similitudes… sans la dualité homme-femme de la séduction.

 

Un être humain, une âme, un terrien, un être en fait qui a un seul point commun avec nos agresseurs : celui d'être un homme.

 

Mais un être humain différent de lui, un être nouveau, différent, inconnu, à découvrir intellectuellement, en partageant des activités, en discutant sur ses centres d'intérêt, en lui laissant sa place, en prenant la nôtre…

 

En fait, aucun intérêt ! Juste du PLAISIR d'échanger.

 

Merci à vous trois,

Amicalement

Esm 4

Esméralda – 4 mu aile 3

Posté(e)

Bonjour à vous tous,

Comme Pierrette, j'ai suivi vos interventions, j'ai lu même si je ne suis pas intervenue.

Vos écrits m'ont intéressée. S'ils n'ont pas un rapport immédiat avec des expériences identiques aux vôtres Irène, Esméralda et Pierrette, ils font écho chez moi… qui ne suis pas toujours "bien à sa place", recherche sa place…

Les précisions apportées en cours de discussions sont aussi précieuses.

J'ai été coupée de mon corps… Sans doute encore des vielles blessures non guéries… Mais je poursuis en vue d'aller mieux… Je reviendrai donc plus tard sur le panneau.

De tout cœur avec vous. A bientôt,
Annick Andréa

Andréa – E1 alpha, aile 2, Conservation

Posté(e)

Re-bonjour à tous,

Merci Andréa de ta présence.

Je constate que se livrer touche les autres, même ceux qui ne se manifestent pas, et rien que pour cette raison, je suis très heureuse de ce petit parcours en profondeur (je suis 4 malgré tout) pendant ces quelques jours.

Je souhaitais rajouter que le message de mercredi 5 juin m'a permis en deux jours de vider des larmes anciennes. Mes enfants m'ont vu pleurer. Ils m'ont demandé pourquoi, et je me suis rendue compte que je n'avais pas de raison mentale. Oui, bien sûr, il y a bien une histoire de base, mais ce n'étaient pas des larmes de tristesse de ce qui m'est arrivé. C'étaient des larmes "d'époque", celles qui sont en moi depuis lontemps, conservées dans un sac ou un truc comme ça. J'avais juste un besoin : le besoin de vider cette vessie trop pleine et ça ne me faisait pas souffrir du tout, ça me soulageait (comme une envie de faire pipi, en somme, quand on commence on ne plus s'arrêter, mais quel soulagement !).
J'ai donc répondu à mes enfants en riant, que je ne savais pas pourquoi, que ça sortait tout seul… Ils m'ont donc dit : "Ah ! C'est à cause des oignons, alors ?" "Et ben non, même pas, c'est à cause de rien, ça a juste besoin de sortir." Et ils ont compris.

Ça sortait comme ça, par épisode, et ils ont compris au point de ne pas être gênés dans leurs jeux, ni moi avec leurs bruits d'ailleurs…

C'était vraiment mécanique, même s'il y avait de la tristesse avec, puisqu'il y a larmes, mais pas de douleurs ni d'apitoiement…

Alors pour tout cela merci encore à vous, Fabien, Irène et Pierrette, qui avez su montrer votre sensibilité. Ca m'a ÉNORMÉMENT aidé, surtout venant de types "forts" comme le 7 et le 8.

À bientôt,
ESM 4

Esméralda – 4 mu aile 3

Posté(e)

Bonjour Esméralda et tous les autres,

J'ai aimé lire ce que tu dis au sujet de tes enfants qui ont pu continuer leurs jeux malgré tes larmes. Cela me rappelle que ma thérapeute m'avait dit que lorsque des émotions étaient "collées" à nous, cela ne dérangeait pas les enfants. Je trouve très beau que tu aies pu t'ouvrir face à eux. Ils sont bien plus solides qu'on ne le croit, à mon avis.

Je suis heureuse d'avoir pu contribuer à transformer tes croyances face à certains types. Je suis vraiment 8, puisque j'ai eu plaisir à lire "des types forts". Guérit-on complètement un jour ? :happy:

Amicalement,
Pierrette

P.S. : Merci, Irène. :happy: Bon courage, Annick Andréa !

Pierrette – E8

Posté(e)

Pierrette,

Je cite : "Je suis vraiment 8, puisque j'ai eu plaisir à lire 'des types forts'. Guérit-on complètement un jour ?" Merci pour le pouffage de rire en lisant cela !

Finalement, ne changez pas trop parce que tous ces types avec leurs différences, c'est comme un magnifique tableau, une création divine à base de 9 couleurs premières et tant d'autres mélanges possibles à l'infini !

Tant de couleurs, tant de saveurs ! Quel feux d'artifice ! Vive la vie et les gens !

Merci l'Ennéagramme pour nous éclairer si bien, pour nous illuminer au point de croire encore que la magie de la vie cache ses trésors en chacun de nous !

Bien à vous tous,
Esméralda

PS : je sais que ce message n'a pas grand rapport avec "Mon corps, ma place"… Heu ! Quoique…

Esméralda – 4 mu aile 3

  • 1 month later...
Posté(e)

Bonjour à vous toutes et tous,

Je vous lis depuis le début de l'ouverture de cette discussion.
Je ne suis pas intervenue plus tôt car je suis partie en vacances trois semaines et que j'avais aussi besoin de temps pour digérer tous vos mots.

Comme Esméralda, je regarde aussi beaucoup les autres faire et être… partout.

J'ai aussi adopté une approche de séduction face aux hommes.
Je pensais que cette stratégie était la meilleure à adopter suite à l'inceste :happy: : comme vous le dites si bien, "séduire plutôt que d'être violée".

Puis, à force de travail sur moi, je me suis rendue compte que ce n'était pas la bonne "approche" afin de bâtir une relation sérieuse.
Je suis sans béquille (comme dit Esméralda) depuis à peu près 1 an. Mon corps se sent quelque fois perdu. Je ne sais pas comment faire, comment être. Alors, j'ai entrepris de prendre soin de moi. J'avoue que c'est très difficile pour moi d'écouter mon corps. Enfin, je pense l'entendre quelques fois, mais la partie la plus difficile est peut-être de faire confiance à ce qu'il me dit.

J'ai été très troublée lorsque Fabien a mentionné dans son courrier du 5 juin que le viol a un impact sur les trois sous-types. Je sens que les ravages s'étendent en moi. Cela vient ébranler le fait que je pensais avoir "guéri" ma blessure.
Comment savoir où on en est rendu dans la guérison ? Comment savoir si les sous-types sont saints, libres, non pollués ? Quel message envoie le corps pour nous dire qu'il est libéré de ce poids ?

Concernant mon corps-ma place, j'avoue qu'avant, je choisissais de ne pas m'investir ou de garder pour moi ce qui pourrait être dit. Cela s'appliquait dans le domaine professionnel et amical…
Quoi qu'à bien y réfléchir, ça se passait dans toute ma vie. :happy:
J'ai commencé à changer et à m'ouvrir plus il y a quelques temps. C'est difficile à faire car le premier réflexe est de garder.
Je ne prennais pas ma place VOLONTAIREMENT.
Peut-être que la prémisse de tout ça (j'existe-je suis) n'est pas ressentie, acceptée ou mise en pratique à 100%.
J'ai beaucoup de mal à trouver les mots pour vous dire où j'en suis. Quelque chose n'est pas clair. J'ai du mal à mettre le doigt dessus.
Peut-être avez-vous des idées ou suggestions ?

Amicalement,
Carine

Carine – E4

Fabien Chabreuil
Posté(e)

Bonjour Carine,

Avant tout, je voudrais te dire toute mon amitié, tout mon amour et aussi tout mon respect pour avoir surmonté cela, pour être là aujourd'hui et pour avoir le courage d'en parler. C'est parce qu'il y a des gens comme toi, et vous toutes dans cette conversation, qui témoignent que nous pouvons espérer que cette scandaleuse horreur devienne de plus en plus rare.

"Comment savoir où on en est rendu dans la guérison ?"

C'est une question extrêmement difficile. Je crois que l'indicateur majeur est le degré d'attention que l'on porte à ce qui s'est passé. Quand le sujet est évoqué, quand on lit une page comme celle-ci, il est normal d'y repenser et il est normal de ressentir peine et colère. Mais en dehors de ces circonstances, le passé doit rester à sa place, dans le passé.

Un autre indicateur est certainement le degré de confiance qu'on réussit à accorder aux personnes du même sexe que son agresseur, les hommes dans votre cas.

Un autre encore est le degré auquel on réussit à s'aimer soi-même et l'amour de son corps fait partie de cet amour de soi.

Très souvent, un traumatisme comme celui-ci aboutit à une dissociation, une perte de contact avec le corps. Il importe de se réapproprier son corps. Il y a des thérapies corporelles qui savent aider à cela et on peut aussi faire des choses très simples qui contribuent à cette démarche.

Par exemple, le plus souvent possible, on peut se connecter à son corps en commençant par des parties non dangeureuses comme les bras ou les jambes et identifier les sensations, les observer, les apprécier.

Ou bien, on peut dresser une liste, la tenir à jour et la lire régulièrement à haute voix de toutes les choses pour lesquelles on peut faire confiance à son corps (signaler quand on a soif, ne pas faire pipi au lit, réguler la température… Il y en a des centaines !)

Très amicalement,
Fabien

Posté(e)

Bonjour Fabien,

 

Merci pour tous les merveilleux sentiments que tu m'envoies.

 

Je te retourne mes remerciements les plus chauds pour être toujours présent et disponible pour nous, tel un phare dans la nuit.

 

Concernant le degré de confiance que j'accorde aux hommes, je dirais qu'il est total. Ca ressemble à une confiance aveugle, qui je pense n'est pas mieux que la non-confiance absolue.

Et là, quand je dis confiance aveugle, j'ai un doute.

Je choisissais n'importe quel homme et je me "jetais" dessus. On parlera ensuite.

Maintenant, je suis plus capable de savoir ce que j'attends d'une relation de couple et je suis donc plus prudente, plus à l'écoute. N'empêche qu'il y a toujours un emballement du corps qui passe par le désir physique et qui est difficile à mettre de côté, à tempérer et qui souvent, me fait passer à l'acte alors que j'ai une petite voix qui me crie : "Il n'est pas pour toi."

 

L'amour que je porte à mon corps n'est pas encore complètement intégré à mon amour pour moi.

J'ai de grosses périodes de doute pendant lesquelles je ne suis même plus capable de savoir si j'ai faim ou si j'ai soif : tu imagines les dégâts sur la santé et la ligne !

Ce week end, je suis allée à la bibliothèque de la ville de Montréal pour y chercher un livre de C. Andreas (suite à un conseil que tu donnais à Esméralda). Frustration extrême (enfin, pas tant que ça) car il n'y en a aucun. Je suis en contact avec le centre québécois de PNL afin d'aller voir leur bibliothèque. Je trouve beaucoup de joie et de piste dans les livres. Je ressens un besoin très profond de me connecter avec mon corps.

 

Et puis il y a ce brouillard qui rôde autour de cet inceste. Je vais essayer de faire une histoire brève de cet épisode afin que tu comprennes.

Mon père me terrorisait. Il était froid et distant. Pas de caresses, pas de mots gentils, pas de tendresse. Il nous embrassait le soir avant de nous coucher et c'était tout. Il exigeait de bons bulletins mais n'encadrait pas notre travail.

Lorsque j'avais environ 10-12 ans, un "ami" de la famille m'emmenait faire des tours de bateau à moteur lorsque nous étions en vacances dans le sud de la France. Il me faisait s'asseoir sur ces genoux et me demandait de conduire le bateau. Pendant ce temps, ses mains glissaient sous le slip de mon maillot et il me caressait. Je n'ai jamais rien dit à personne.

 

Mon père est décédé lorsque j'avais 14 ans.

Ce que je vais dire est terrible mais je me suis sentie libre et allégée d'un poids terrible.

Puis, j'ai grandi, me suis mariée, ai eu des enfants, ai traversé l'Atlantique, ai divorcé.

 

Puis, un homme est entré dans ma vie. J'ai découvert avec lui la confiance en l'autre, la douceur, l'ouverture et le respect. Une nuit, alors que nous faisions l'amour, j'ai vu mon père sur moi, une de ses mains sur ma bouche, son corps allant et venant en moi. Je me suis effondrée, j'ai pleuré comme une madeleine pendant de longues minutes. C'était il y a environ deux ans.

Avant cette nuit-là, je n'avais jamais permis à cette histoire de refaire surface. Je ne savais pas que j'avais vécu l'inceste. C'est resté anonyme plusieurs années.

Et pour être franche, c'est le seul flash que j'ai eu. Je n'ai pas d'autres "preuves".

J'ai lu beaucoup à ce sujet. J'espérais faire sortir d'autres visions… mais en vain.

J'en ai "parlé" avec ma mère qui m'assure que non. :happy: Elle est même allée voir une voyante dernièrement qui lui aurait assuré que NON. :happy: Je dessine un bonhomme sourire, mais ce serait plutôt un bonhomme larme que je devrais faire.

 

J'en ai parlé avec ma psy. Je la voyais environ 4 à 5 mois par année. Elle me "connaît" depuis 3-4 ans. L'an dernier, je suis retournée la consulter pour me faire aider. Après lui avoir raconté mon flash, je l'ai regardé droit dans les yeux et je lui ai demandé si lors de consultations précédentes, j'en avais les symptômes. Elle m'a répondu qu'on est jamais sûr à 100% mais que oui.

 

Voilà, ça me fait du bien de parler de ce doute que j'ai. Je vis avec cette non-certitude et je trouve ça difficile. J'envie quelque fois celles qui se souviennent de tout.

 

Pour revenir au sujet du jour, je comprends les exercices de connexion avec son corps que tu mentionnes. Tu parles de parties non dangereuses (bras, jambe), ça veut dire qu'il y a des parties dangereuses. :happy:

Pourquoi une classe "dangereux" et "non-dangereux" ? A quoi est associé le danger ?

 

Amicalement,

Carine (4)

Carine – E4

Fabien Chabreuil
Posté(e)

Bonjour Carine,

Commençons par le plus simple. Je crois qu'il y a une sorte de mémoire du corps, ou du moins que notre mémoire est en partie associée à des indicateurs corporels très précis : position du corps, pression, température, etc. Quand ces indicateurs sont réactivés, le souvenir réapparaît.

C'est très vraisemblablement ce qui s'est passé quand tu as fait l'amour avec ton ami et que l'image de ton père a ressurgi. Une conjonction particulière de phénomènes physiques ont dû déclencher le souvenir, alors qu'il ne l'avait jamais été avant et ne l'a plus été après.

Il arrive même que le problème soit (presque) totalement réglé au niveau psychologique, mais que la mémoire du corps soit encore là et puisse parfois réactiver des émotions très fortes.

Tout exercice corporel comporte donc le risque de faire surgir des souvenirs peu plaisants. Cependant, il est assez rare que ce type d'émotions soit accroché aux bras ou aux jambes seuls. Les pratiquer sur les membres évitent donc de faire revenir des souvenirs non désirés.

Je comprends que le fait de n'avoir eu qu'un flash unique génère le doute. Cette image concorde cependant avec l'opinion de ton thérapeute et aussi avec le sentiment de soulagement que t'a procuré la mort de ton père.

Si tu y tiens absolument, ton thérapeute (ou, sans doute avec plus de facilité, un thérapeute corporel) pourrait t'aider à préciser cette période de ta vie. La seule question est de savoir si cela t'aiderait à aller mieux ou non, si tu as l'impression que ce qui s'est passé a encore un impact tel sur ta vie que cela mérite d'affronter cette recherche.

Ta mère ne peut évidemment pas t'aider à avoir une certitude : soit elle ne savait pas, soit elle savait et ce serait très difficile pour elle de te le dire.
Par contre, tu peux interroger, si tu en as, tes frères et surtout tes sœurs. Il est très rare qu'un père incestueux ne le soit qu'avec un seul de ses enfants. Mais là aussi, il importe de peser le poids des mots et leurs conséquences ; les gens n'ont pas toujours envie de savoir…

Très amicalement,
Fabien

Posté(e)

Bonjour Fabien,

 

Je viens de me rendre compte que je m'étais appropriée la discussion ouverte par Esméralda sur mon corps-ma place.

Remettez-moi en place si je déborde !

 

Je pense très sincèrement que ce flash est la vérité… bien qu'il n'y en ait eu qu'un et que ce ne soit "qu'un flash". Par contre, tu me chamboules quand tu me poses la question de savoir si fouiller plus me permettrai d'aller mieux.

J'avoue que cela mérite réflexion…

A première vue, je dirais qu'avant que tu me poses cette question, je désirais en savoir plus.

Maintenant, je pense que j'en sais assez. Cette vision a fait l'effet d'une lampe allumée brusquement sur mon passé. Elle m'a permis de comprendre pourquoi certains de mes comportements étaient "croches". Cette compréhension de moi fait que je suis capable d'avancer car j'y vois clair.

 

Pour ce qui est de mes frères (1) et soeurs (2), je ne peux pas leur en parler car elles ne sont pas rendues où j'en suis. Elles sont encore trop jeunes. Je pense comme toi qu'elles "y ont eu droit aussi" quand je les regarde aller.

Je leur ai posé des questions surtout face à cet ami de la famille sur le bateau et aux caresses qu'il me faisait. Je n'ai pas eu un accueuil très chaleureux. J'ai donc pensé qu'il vallait mieux ne pas passer à la coche supérieure et en rester là. Par contre, je leur ai toujours dit qu'elles pouvaient compter sur moi pour parler.

Peut-être aborderons-nous le sujet un jour quand elles seront prêtes.

 

Merci mille fois pour ton écoute.

 

Amicalement,

Carine (4)

Carine – E4

Fabien Chabreuil
Posté(e)

Bonjour Carine,

Esméralda n'avait qu'à pas laisser sa conversation assoupie, tant pis pour elle ! :laugh: Plus sérieusement, d'autres personnes sont déjà intervenues et nous restons en plein dans le sujet (même si on parle peu d'Ennéagramme) et tout va donc bien.

Je crois profondément au fait qu'un problème qui se manifeste ici et maintenant peut, bien souvent même s'il y a des exceptions, se régler dans l'ici et maintenant sans consacrer trop de temps à débrouiller le détail de sa mise en place.

Suite à un inceste, il y a toujours un double défi : se reconstruire après cette agression et ne pas reproduire soi-même des comportements abusifs. Tu penses y voir clair sur le premier point et ton attitude vis-à-vis de ta fratrie est douce, ouverte et respectueuse ce qui est bon signe pour le second.

Très amicalement,
Fabien

Posté(e)

Bonjour Fabien,

Ok pour tout ce que tu dis par rapport à l'inceste.
Je savoure la vie et tout ce qu'elle m'offre.

Pour ce qui est de mon corps, je comprends les exercices des bras et des jambes. Je n'ai aucune difficulté à sentir la chaleur, le vent, le froid… sur moi.
Là où je rencontre des problèmes, c'est avec la faim et la soif. J'ai beaucoup de mal à laisser la faim s'installer en moi. Je n'attends pas que mon corps commence à faire des gargouillis, je remplis bien avant les signes.
Il m'arrive aussi de mélanger la faim et la soif. Et quand je dis mélanger, c'est la sensation de soif qui est ignorée et remplacée par la faim, donc par de la nourriture.
Il y a peu de temps que je me suis rendue compte de ce mélange.
Je n'aime pas cette non-reconnaissance des messages de mon corps. Je ne le respecte (me respecte ?) pas quand je ne le laisse pas parler.

D'un autre côté, je sais reconnaître quand je suis stressée, exitée, inquiète et tout ce qui s'en suit.
Il n'y a que le couple faim-soif qui me pose problème.

Je désire faire des efforts pour résoudre ce problème. Par où commencer ? Avez-vous déjà vécu des expériences semblables ? Quels outils avez vous trouvé pour vous retrouver ?

Amicalement,
Carine

Carine – E4

Fabien Chabreuil
Posté(e)

Bonjour Carine,

Il s'agit pour toi d'apprendre à repérer quels sont les signaux corporels de la faim et de la soif et ce qui les distingue. Chez la plupart des gens, la sensation de soif est centrée sur la gorge ou du moins sur le haut du corps, alors que la faim est centrée sur le ventre ou du moins plus bas que la soif.

C'est peut-être un peu plus subtil chez toi ; on est 4 ou on ne l'est pas ! :happy:

Cependant, il y a des moments où nous avons soif et quasiment jamais faim : après un repas et surtout la nuit. T'arrive-t-il de te réveiller la nuit en ayant faim-soif ? En fait, c'est de la soif. Repère avec beaucoup de détails comment se manifeste la sensation dans ton corps : où est-elle très exactement ? Quelle est sa forme ? Sa température ? Son poids ? Est-elle fixe ou bouge-t-elle ? Est-elle stable ou fluctuante ? Quand tu connaîtras les caractéristiques de la soif nocturne, il te suffira d'examiner avec soin les sensations de faim-soif diurnes pour les classer dans la catégorie soif ou non.

Enfin, nous mangeons souvent trop, mais nous buvons rarement trop : la potomanie est plus rare que la boulimie ! Tu peux donc dès que tu ressens la sensation de faim-soif boire systématiquement un grand verre d'eau. Si la sensation codait la soif, tu seras apaisée. Si elle codait la faim, tu pourras aller manger, mais ayant un verre d'eau dans l'estomac, tu mangeras un peu moins et c'est donc tout bénéfice.

Très amicalement,
Fabien

Posté(e)

Bonjour à toutes, bonjour à Fabien,

Cet échange est troublant, à bien des niveaux. Comme Fabien, en lisant certains passages, je n'ai pas su si je devais pleurer de chagrin ou de joie.

Vos témoignages, Esméralda, Irène, Pierrette et Carine me bouleversent. On ne s'y habitue jamais. Cela frappe droit au coeur chaque fois qu'une femme décide de s'ouvrir et de raconter "son" histoire. La majorité de celles dont je suis proches ont été victimes d'inceste, d'agressions sexuelles ou de viols pendant leur enfance ou leur adolescence. J'ai longtemps tenté de me convaincre que ce n'était qu'une coïncidence, mais plus j'évolue dans cette vie, plus je réalise que ces situations sont bel et bien trop fréquentes.

Je me compte donc parmi les "rares chanceuses", même si je trouve cela terrible à dire. Ce devrait être "normal".

Ma petite pensée n'a pas trop à voir non plus avec l'Ennéagramme. J'aimerais simplement dire que je vous admire toutes pour votre courage, pour votre ouverture, pour votre authenticité. En réalité, je ne trouve pas les mots… et je crois qu'il n'y en a pas toujours… en tout cas de bons mots pour signifier notre compassion. Et je crois que c'est dans de tels moments que la notion de prière prend tout son sens. Prier, se recueillir, sans analyser, sans demander, juste rassembler ce qu'il y a de beau et de bon tout au fond de nous et le partager avec les autres, dans notre coeur, l'amour sans doute, simplement l'amour que l'on aimerait donner à ceux et dans le cas présent à celles pour qui cette notion a un jour ou l'autre été déformée, et qui travaillent honorablement, dignement, à la reconstruire. Car c'est si beau d'être femme et c'est un si doux plaisir de rencontrer un homme protecteur et aimant qui sait nous respecter. C'est ce que nous méritons toutes et heureusement, la majorité des hommes sont merveilleux, même s'ils doivent parfois payer pour ceux des leurs qui n'ont pas su faire honneur à leur nature.

Bravo, et de tout cœur, j'ai foi en votre détermination.

Marie-Hélène

Marie-Hélène, E6 alpha, aile 7, conservation

Posté(e)

Bonjour Fabien et Marie-Hélène,

Un gros merci à toi, Marie-Hélène, d'être normale (comme tu le dis) et de nous donner espoir pour les générations futures.

Fabien, j'ai bien noté toutes les questions qui vont me permettre de rentrer en contact avec ma sensation faim-soif de nuit (et oui, je la connais bien !). Je vais donc m'employer à essayer de la décrire à la prochaine manifestation.

Merci énormément de ton aide,
Carine

Carine – E4

  • 3 months later...
Posté(e)

Bonjours à vous tous,

 

J'ai ouvert cette discution le 29 mai 2002 et y est ressorti l'agression sexuelle comme cause probable du "mal-être-dans-son-corps" et aussi difficulté à "trouver sa place". D'ou le thème : mon corps, ma place.

 

J'ai arrêté mes interventions fin juillet. Carine a continué et a ainsi pu faire émerger à son tour son problème d'inceste. Merveille des mots qui, bien posés c'est à dire avec compassion (merci Fabien et les autres), aident à sortir la tête du "trou-qui-sert-à-oublier-mais-dans-lequel-il-fait-bien-sombre" afin de découvrir qu'il est bon de vivre dans la lumière (qui n'est pas nécessairement à prendre au sens mystique : en France on utilise l'expression "mettre à jour" donc mettre à la lumière (ce qu'on avait laissé dans la nuit).

 

Bref, je n'avais donc pas lu la fin de cette discussion que je découvre donc.

 

Merci Carine pour ce témoignage et mille excuses de m'être retiré (cause vacances).

 

Un merci TOUT PARTICULIER pour le témoignage de Marie-Hélène. Heureusement qu'il existe des femmes "normales" (pour reprendre ton expression) pour nous rappeler ceci : "Simplement l'amour que l'on aimerait donner à ceux et dans le cas présent à celles pour qui cette notion a un jour ou l'autre été déformée, et qui travaillent honorablement, dignement, à la reconstruire."

 

Je me rends compte qu'il est indispensable pour moi de me rappeler cela, car j'ai une fâcheuse tendance à imaginer que ce qui m'est arrivé, ce n'est rien : "Quand même ! On ne va pas en faire un plat, ni dramatiser un truc qui a duré un instant… Finalement sur une vie, qu'est-ce que c'est ?" OR cela m'a pris cinq années de thérapie pour régler ce problème-là et il m'a fallu beaucoup travailler sur moi pour réparer afin de reconstruire et de comprendre enfin ce que signifie l'amour.

 

Et il est aussi génial que tu nous rappelles ceci : "C'est si beau d'être femme et c'est un si doux plaisir de rencontrer un homme protecteur et aimant qui sait nous respecter. C'est ce que nous méritons toutes et heureusement, la majorité des hommes sont merveilleux, même s'ils doivent parfois payer pour ceux des leurs qui n'ont pas su faire honneur à leur nature."

 

Je n'avais donc jamais lu ce message ! Et je le lis ce soir… C'était sans doute le moment. :proud: Je suis en train de découvrir (re-découvrir ?) cette possibilité : une relation avec un homme peut être agréable, pleine de confiance, douceur, échange, tendresse, accueil, sécurité… et bien-être ! Alors oui, je comprends aujourd'hui ce que tu veux dire : oui, ça peut être doux d'être une femme… :laugh::crazy:

 

Est-ce le signe que les blessures sont enfin cicatrisées, au point que l'on puisse y toucher sans souffrance pour soi ? En tout cas, lire ce message ce soir alors qu'il était disponible depuis plusieurs mois, m'en paraît être un signe !

 

Fabien, à un moment donné tu me demandais ce qu'était pour moi la notion de place. Je crois qu'elle a à voir avec le bien-être, c'est à dire être bien en soi, où que l'on soit, tout en étant capable de savoir à quel moment je ne suis pas à ma place, sans que ce soit mal pris pour moi, mais pris comme une information qui me permette, comme tu le disais, de me faire ma place si c'est nécessaire, ou partir si je juge que c'est mieux pour moi.

 

Donc, ce que j'appelais un problème de place est en fait un problème de mal-être : quand on est mal dans sa peau, où que l'on soit on sera mal…

 

C'est un vrai bonheur de constater que les choses avancent, que la vie peut aussi être douce, et qu'au fond, elle est drôlement bien faite !

 

Merci (un peu à contre temps). :lame:

Merci aussi à Louise qui témoigne sur le panneau "4, sécurité et sensibilité" : lire son témoignage m'a beaucoup aider à finir ce travail de "deuil de l'enfance parfaite" (que l'expérience de l'inceste venait entâcher).

 

ESM4

Esméralda – 4 mu aile 3

Posté(e)

Comme c'est bon de te lire. C'est ce partage dont j'ai besoin. Un partage comme le tien qui met sur table la possibilité de guérir. Et tout le contexte de mon corps, ma place. Je suis tout à fait là-dedans. En train de prendre ma place aussi comme artiste. Pour assumer cette part de moi, il a bien fallu que j'ose prendre cette place que je souhaite. C'est à travers l'aquarelle que j'ai redécouvert la tendresse, la violence, l'énergie, ma créativité, etc.

Je ne suis pas en colère ou triste pour ce que je n'ai pas. J'ai tout ce que je souhaite, mais pas encore la capacité de le recevoir. Il faut juste que j'accepte que je suis en guérison et que je ne peux pas tout intégrer tout de suite.

Lorsqu'on me manisfeste de l'amour et que les interdits réaparaissent, je sais enfin comment faire. Parfois j'ai raison de me méfier et parfois non… Encore le concept de mon corps, ma place. Une question d'observation et d'apprivoisement. J'ai pu lire Esméralda tes messages de juillet. Ils m'ont fait un grand bien et de te lire aujourd'hui me rassure, me permet d'ancrer que si toi tu y es arrivée, j'y arriverai aussi. Merci infiniment.

Louise

Louise B – E4

Posté(e)

Une autre question concernant mon corps, ma place.

 

J'ai constaté quelque chose depuis les dernières semaines. J'ai perdu du poids alors que je suis déjà pas très enrobée. Et bien que je mangeais de façon assez copieuse, je n'arrivais pas à reprendre le poids perdu.

 

J'ai fait toutes les tentatives : réparer mes vêtements pour qu'ils m'aillent mieux et m'aimer (cesser de ressentir de la honte). Ça a continué encore… Je me suis acheté des pantalons plus petits… Je flotte encore dedans. Ça m'a inquiétée. Je n'ai pas de problèmes de santé, mais une crainte de perdre encore du poids.

 

Là, j'en suis justement à réaliser que ce sont mes formes de femme qui tentent de disparaître. Ce sont ces formes que j'aime… Est-ce que je les aime réellement ? Pourquoi justement que c'est à l'endroit où réside ma sexualité que c'est si dérangeant… Je m'efface. Comment puis-je rétablir l'amour ?

 

Louise (4)

Louise B – E4

Fabien Chabreuil
Posté(e)

Bonjour à toutes,

Esméralda, moi aussi je suis très content de lire ton message. Être amoureux, c'est un bon moyen de penser les plaies… et de se connecter à son essence.

Louise, il est étonnant que souvent l'ego cherche à résoudre un problème par des solutions excessives qui peuvent prendre deux formes opposées. Pour résoudre des problèmes d'agression sexuelle, on peut trouver un excès de féminité et de séduction (évoqué au début de cette conversation : séduire avant d'être agressé) ou au contraire une négation de la féminité et du corps comme celle que tu évoques. Bien entendu, les deux sont de fausses solutions. Je te répondrai tout à l'heure plus précisément dans la discussion "4, sécurité et sensibilité" dans laquelle ton problème a été exposé plus en détails.

Très cordialement,
Fabien

Posté(e)

Bonjour Esméralda, Louise, Fabien, et tous les autres bien sûr,

Je m'aperçois effectivement que deux attitudes sont possibles face à de tels actes, soit l'on séduit avant d'être agressée, soit l'on cache sa féminité…

J'avais déjà un corps de femme à 13 ans. Les garçons m'en donnaient 17-18… Il y a eu une tentative de viol à cet âge. Je dis bien tentative… Enfin, tout cela pour dire qu'à force de voir des agressions masculines pendant toute mon enfance, les conséquences furent de me camoufler et j'ai banni, maquillage, robe, talons… La panoplie féminine, quoi… Je ne voulais pas ressembler à une femme, je reniais ma féminité. Je vois maintenant une tentative inconsciente de me protéger d'une future ou éventuelle agression, du genre, vaut mieux prévenir que guérir…

Je commence à découvrir que j'ai une vraie part de féminité. Elle est là. C'est évident, je suis une femme… :laugh: Mais, me donner le droit de laisser cette féminité s'épanouir est un nouveau défi… Moi, aussi, Louise, je n'arrête pas de maigrir. On dirait effectivement que je disparais. Un effacement… Comme Carine, j'ai du mal à reconnaître les messages de mon corps, faim, soif, mes besoins vitaux… Je ne voulais pas en entendre parler… J'avais même réussi à me faire croire que je n'avais pas de pulsions sexuelles… Ben, oui, moi, j'étais différente… Au-dessus de tout ça… Pfut… Quelle absurdité !

Hier, soir, une copine 4 est venue à la maison. Elle a subi aussi ce genre d'agression, mais reste pour le moment dans le déni. Je lui ai parlé de ma honte… Elle m'a regardé avec des grands yeux tout ronds et m'a dit que j'étais complètement ridicule d'avoir honte de ma féminité et qu'il fallait s'en servir (elle est dans la phase de séduction avant agression). Je lui ai répondu que mon camouflage était une conséquence de ma honte, mais que sa surexposition l'était aussi… Je ne sais pas si elle m'a cru, mais le message de Fabien ce matin me confirme cette impression.

Esméralda, c'est bon de te relire. :kiss:

Chris

P.S. : heu, je ne sais plus trop dans quelle conversation écrire. Dites-moi si je me trompe et remettez-moi à ma place.

Chris – E4

Posté(e)

Salut à vous tous, c'est bon de se connecter à vous !

 

Chris ! C'est génial ! Tu finis ton message par : "P.S. : Heu, je ne sais plus trop dans quelle conversation écrire. Dites moi si je me trompe et remettez-moi à ma place." Alors ? Ta place ? Dans cette discution sur "4, mon corps, ma place" ! Heureusement, tu te poses la question à la fin, ce qui fait que nous pouvons profiter de ta présence quand même.

 

Il m'arrive de me poser cette question avant de faire les choses et inutile de te dire que dans ces cas-là, je n'agis plus… Dommage de perdre le coche… comme pour l'ouverture de la discution sur le respect, par exemple, souviens toi… Imagine ce que nous aurions perdu si tu ne l'avais pas fait à ma place ? :lame:

 

Alors, puis-je te conseiller, petite soeur, de faire comme tu le sens ? :crazy: Tu nous as déjà prouvé que tu savais prendre ta place, tout en permettant aux autres (et à moi-même :laugh: ) d'avoir la leur !

D'ailleurs, ne t'inquiète pas ! Fabien sait très bien dire quand ça ne va pas ! C'est l'avantage avec un type 7, il sait mettre les limites, même de façon jugée brusque par un 4. Ce qui ne veut pas dire qu'un 7 est brusque, mais que le 4 est trop sensible. Question de sécurité ? Et voilà l'autre discution "4, sécurité et sensibilité" qui se superpose. :proud:

 

Louise, je suis très sensible à ton message sur tes formes qui "disparaissent". Peut-être au contraire qu'elles apparaissent ? Et que ce qui disparaît est l'inutile, le coussin protecteur ?

Dans le symbolisme sur les réactions du corps, on dit que l'abandon peut entraîner une prise de poids qui, grâce aux rondeurs, fait office de protection et de prise de place conséquente. Vu que l'abandon est souvent connu du 4 ( :lame: ), perdre un peu de poids ne serait pas mauvais signe obligatoirement… (A voir…)

 

D'ailleurs, je me suis faite aider par un acupuncteur, en septembre, qui travaille sur les énergies et leurs centres (chakras) que la médecine chinoise permet de rééquilibrer. Et j'ai trouvé que cela m'avait aidé, même dans mon cheminement ennéagramme. Mais au lieu que ce soit avec la compréhension, le travail s'est fait sur le corps, directement. (Peut-être que Fabien pourra confirmer ou infirmer cette proposition d'agir sur les centres avec l'acupuncture ?)

 

Je souhaite aussi m'excuser, Louise, pour mon absence durant ces dernières semaines, alors que tu exprimais des choses plutôt difficiles. Mais je n'y parvenais pas… J'ai lu… et ne pouvais pas participer. J'ai lu et j'ai systématiquement pleuré. J'ai lu et j'ai pensé à ces milliers d'enfants… Et à ma place, sur ce fauteuil, devant cet écran… Si petite place quand un monde est à sauver de ces harceleurs et de ces violeurs et violents… Une si petite place avec un cerveau qui patine à la recherche de solutions pour que tout cela cesse… Mais en vain ! NO SOLUTION…

 

Si, UNE et UNE SEULE : l'amour.

 

Même au milieu de ce fatras d'horreur, être cabable de voir la fleur au milieu du désert, l'étoile du berger au milieu de la nuit… et cheminer humblement. Pleurer étaient les seuls mots possibles. Qui ont finalement remplacé les maux qui m'ont tant fait hurler contre la société et l'autorité, contre les hommes qui d'après moi le méritaient, contre la douceur même qui (d'après moi) nous endormait pour mieux être contrôlés… Et ton témoignage m'a aidé à comprendre que la personne (qui souffre et l'exprime) chemine et qu'il n'est pas nécessaire d'agir face à cela (je te savais entre de bonnes mains), juste être là, sans nécessairement intervenir, sans hurler, sans cette attitude de "recherche-solution". Avoir ma place n'est pas dans l'action nécessairement (aider, soutenir activement…). Ce peut être juste : être là.

 

Fabien, "Etre amoureux, c'est un bon moyen de penser les plaies… et de se connecter à son essence"

Je dirais plutôt qu'être amoureuse a été pour moi douloureux jusque là, car ça ne durait pas. C'était une émotion vive mais passagère, comme ma passion préférée qui me donnait l'impression d'être bien vivante et en plus, me donnait de l'importance car j'étais avec Untel et c'est toujours mieux que de dire qu'on est seule !

Aimer, en revanche, panse les plaies et connecte à l'essence. Mais c'est plus difficile d'aimer, car cela necessite d'être capable de faire la différence entre l'essence et l'ego de soi et de l'autre et d'être capable d'attribuer notre amour à cette être, à cette âme et à l'essence qui y correspond et d'admettre que les autres s'expriment eux aussi avec leur ego mais que l'essence, elle, est ce que nous aimons durablement !

 

Mon retour me fait plaisir à moi aussi. C'est mon ego qui prend sa place, là ! :lame:

 

Amitiés,

ESM 4

Esméralda – 4 mu aile 3

Posté(e)

Bonjour Esméralda,

Je voulais discuter sur cette phrase : "Louise, je suis très sensible à ton message sur tes formes qui "disparaissent". Peut-être au contraire qu'elles apparaissent ? Et que ce qui disparaît est l'inutile, le coussin protecteur ? Dans le symbolisme sur le réactions du corps, on dit que l'abandon peut entrainer une prise de poids, qui grâce aux rondeurs, fait office de protection et de prise de place conséquente. Vu que l'abandon est souvent connu du 4 ( :happy: ), perdre un peu de poids, ne serait pas mauvais signe obligatoirement… (A voir…)"

Il y a une grande part de vérité dans cette phrase. Depuis l'adolescence, je souffre de psoriasis cutané. Par la suite, bien que j'étais bien normale au niveau du poids, j'ai commencé à développer de la cellulite au niveau des membres inférieurs. C'est lorsque j'ai découvert l'antigymnastique que j'ai réalisé comment mon corps était emprisonné dans un carcan. Avec les balles de tennis, les mouvements d'étirement, j'ai pu constater que les noeuds se dénouaient, que les amas de gras disparaissaient pour laisser la place à une peau qui respire. Il me reste aujourd'hui à 38 ans, deux plaques sur les genoux et deux autres aux coudes et quelques poussières ici et là. Ma peau n'a jamais été aussi belle. Et c'est aussi la constatation que je suis belle en tant que femme. C'est là que mon poids a commencé à descendre. Je suis nue. C'est ma vulnérabilité que je vois. C'est la petite Louise que j'ai enfouie jadis que je vois et maintenant qu'elle est là, que je la vois, avec ses tics, ses peurs, ses obsessions, ses forces aussi, ses beautés, j'ai à apprendre à l'aimer. Et ensuite, il me sera plus facile de reconnaître l'amour des autres. Je suis en train de me choisir dans mon corps enfin. De cesser de faire comme les autres et de faire comme moi je le souhaite.

Une petite touche d'humour concernant le coussin protecteur dont tu parles. Ca fait du bien de sentir ce coussin sous les os de fesses sur une chaise de bois. Hein ! :happy:

Je m'en vais de ce pas cultiver ma présence à mon corps.
Louise

Louise B – E4

Posté(e)

Chère Esméralda,

Oui, j'avoue que ma dernière phrase était pour le moins mal "placée" :laugh: , mais je n'en suis pas mécontente puisque cela m'a valu un de tes petits discours que j'affectionne. :heart: Et oui, c'est vrai que ça fait un bout de temps que j'ai pris ma place ici ! :laugh:

Je suis très sensible aussi à la solution que tu as trouvée à tout ce malheur. Je commence moi aussi à comprendre ce que le mot Aimer veut dire. Effectivement, être amoureux ne veut pas dire essentiellement aimer, puisque cela nous tombe dessus sans véritable choix. En ce moment, j'essaye d'aimer les personnes que je n'aime pas, c'est-à-dire de reconnaître que c'est simplement leur ego que je n'aime pas, et j'essaye aussi d'aimer les personnes que j'aime. Heu… C'est un peu tendancieux comme discours. :laugh: Non plus sérieusement, j'essaye de me concentrer sur leurs essences, mais ce n'est pas facile… Et oui, c'est difficile d'aimer, beaucoup plus difficile que de se laisser aller à ses instincts primaires.

En tout cas, c'est une grande joie de te lire. :happy:

Amicalement,
Chris

Chris – E4

Fabien Chabreuil
Posté(e)

Bonjour,

"Effectivement, être amoureux ne veut pas dire essentiellement aimer, puisque cela nous tombe dessus sans véritable choix."
Exact. J'avais d'ailleurs simplement dit qu'être amoureux nous connectait à notre essence. C'est vrai. À ce moment-là, nous donnons le meilleur de nous-mêmes et nous voyons chez l'autre le meilleur. Il y a bien connexion à l'essence. C'est bien parce que, comme tu le dis Chris, il n'y a alors pas de véritable choix et que l'image que l'on a de l'autre est incomplète que cet état amoureux et de connexion à l'essence ne dure pas éternellement.

Il faut ensuite reconstruire le même état, fondé cette fois sur une vision réaliste de l'autre, et l'aimer à tous les niveaux (corps, ego, essence).

Très cordialement,
Fabien

Posté(e)

Salut à vous tous,

Et oui, l'amour avec l'essence, c'est de former un "0" complet avec soi. Tomber amoureux, c'est comme deux "C" incomplets qui se rencontrent et fusionnent pour former temporairement un "0" merveilleux qui s'effrite lorsque chacun apprend à voir l'autre tel qu'il est. Et la route de la découverte de soi, dans son essence peut s'amorcer. Je marche vers mon "0" mais y a encore du tit chemin à faire. :happy:

Je voudrais aborder quelque chose concernant mon corps, ma place. J'aurais besoin peut-être aussi de l'aide des 4 pour voir comment elles vivent cette situation. J'ai lu quelque part que le 4 a tendance à absorber ce qui vient des autres. C'est comme si tout me rentrait dedans au niveau des émotions. Ça fait quelque temps que je le sais. Lorsque je me retrouvais entre amis ou en groupe, avec certaines personnes, on dirait que j'avais tendance à justifier mes malaises et souvent je me retrouvais comme sur une planche à disséquer. Je sais, c'est bien moi qui m'installe dans cette situation, mais ça ne me tente plus d'être le cas du malaise. Ça ne me tente plus d'être un bouc émissaire, de porter le flambeau de l'inconfort.

C'est comme si j'étais obligée d'être à nue et tout montrer pour ne pas me faire dévorer. C'est surtout avec les gens avec qui j'ai un lien affectif que j'ai tendance à faire cela. J'ai du mal à faire la différence entre être moi-même en ressentant et être toute nue les tripes ouvertes. Comment on fait cela pour se sentir bien ?

Parce que j'aime être avec les gens, échanger avec eux mais, maudit, que j'ai du mal à accueillir mes inconforts sans les excuser ou les justifier.

Je joue mon orgueil là, Fabien. :happy:

Louise

Louise B – E4

×
×
  • Créer...